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Libye : Kadhafi fait de la résistance

le 13 juin 2011 à 23:39 

La partie d’échec n’est pas encore terminée en Libye. Ceux qui misaient sur un imminent échec et mat de Kadhafi en seront pour leurs frais.

«Je ne suis ni Premier ministre ni Président ni roi. Je n’occupe aucun poste en Libye. C’est pourquoi je ne dois renoncer à aucune fonction», a répété le dirigeant libyen au président russe de la Fédération internationale des échecs, Kirsan Ilioumjinov qu’il a reçu dimanche à Tripoli, autours d’une table de… jeux d’échec. Les mots de Kadhafi ne sont pas vains. Ils ne semblent pas destinés à faire diversion ou à tromper l’ennemi. Quatre mois après le début de l’insurrection dans le pays, le régime rejette vertement toute discussion sur un départ de son chef.

Kadhafi montre ainsi qu’il ne cèdera pas d’un pouce, malgré les défections, les raids de l’Otan, et la multiplication des appels internationaux pour son départ, notamment celui de la Russie, pourtant son ancien allié. Il faut dire que la résistance du leader contesté cadre mal avec les assurances tant de fois clamées en boucle, ces derniers temps, par les puissances occidentales, quant à son imminent départ.

Non pas seulement du pouvoir, puisqu’on était déjà à évoquer un pays où il irait s’exiler. Ce qui contraste avec la «garantie» que lui a offerte la Turquie pour «fuir» la Libye. Et la volonté des grandes puissances à lui chercher une voie de sortie. Le représentant spécial du président russe pour l’Afrique et les crises dans le monde arabe, Mikhaïl Marguelov, a annoncé hier qu’il se rendrait la semaine prochaine à Tripoli pour y rencontrer des membres du gouvernement autour de la «feuille de route» russe.

L’Union Africaine ne désarme pas non plus, dans l’espoir de convaincre les deux parties du plan de paix. Demain, le panel de l’initiative africaine de traitement de la crise libyenne, se rendra à New York dans le cadre d’une réunion informelle avec le Conseil de sécurité.

Du côté du Conseil national de transition (CNT), l’heure est au forcing diplomatique et le replacement sur la scène mondiale. L’Allemagne annonce qu’elle reconnaît l’organe politique de la rébellion libyenne comme le « seul représentant légitime». Le pays, qui s’était abstenu pendant le vote le 17 mars de la résolution 1973 autorisant le recours à la force pour protéger les civils libyens, avant de refuser toute participation à l’opération Protecteur unifié, sous commandement de l’Otan, est depuis hier, le 13e pays à reconnaître le CNT, après les Emirats arabes unis dimanche, et avant cela la France, le Qatar, le Royaume-Uni, l’Italie, la Gambie, Malte, la Jordanie, le Sénégal et l’Espagne, l’Australie et les Etats-Unis. La Chine et la Russie seraient prêtes à accueillir «dans un avenir proche» des représentants de la rébellion.

Sur le sol, ses troupes mènent la vie dure à la rébellion qui manque de munitions et d’armement pour poursuivre son «offensive». A 40 km à l’est de la ville stratégique de Brega se sont déroulés dimanche d’intenses affrontements à coups de roquettes Grad et d’obus. Dans la région de Misrata, cité portuaire rebelle à 200 km à l’est de Tripoli, les forces pro-Kadhafi ont pilonné à nouveau samedi la zone de Dafniyeh.

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