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L’Elysée opte pour une solution politique en Libye

le 13 juillet 2011 à 12:01 

Du côté de l’Elysée comme dans les milieux de Tripoli, l’idée d’un dialogue commence à faire son chemin. L’option consacre l’échec de la solution militaire prônée par la coalition en déroute qui a montré, outre les divergences internes, son incapacité à déloger le maître de Tripoli et à imposer le fantomatique CNT inefficient et peu crédible.

Face au risque réel d’enlisement, la France de Sarkozy qui trône sur ce qui reste de la coalition et le conglomérat de Benghazi érigé pompeusement en interlocuteur valable, lâche-t-elle du lest ? Le pavé dans la mare, jeté par Seïf El Islam, éclaire sur la volonté de négociations entre Tripoli et Paris qui exclut la participation du CNT artificiellement créé et qui n’existerait pas «sans le soutien de la France, l’argent et les armes». Au quotidien algérien El Khabar, le fils du leader libyen confirme la tenue de «véritables négociations avec la France et non avec les rebelles».

A la veille du débat parlementaire sur la crise libyenne que l’on dit sans surprise, la donne a complètement changé.

Le « message clair de Paris », selon Seïf El Islam, repose sur le fait que Sarkozy reste l’interlocuteur de Tripoli «et non les rebelles». S’il reproche à Kadhafi qu’il a reçu en grande pompe de ne pas avoir respecté les engagements commerciaux (l’achat des Rafale, contrats pétroliers et des réacteurs nucléaires), le patron de l’Elysée a plaidé la nécessité d’un «gouvernement de transition» composé des «hommes de la France». Le signal fort d’un changement de la position française est perceptible. Quatre mois après l’intervention militaire de l’Otan, les perspectives du retour au règlement politique de la crise se précisent. Interrogé sur les déclarations de Seïf el Islam, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero a reconnu l’existence de contact avec l’émissaire de Kadhafi, tout en réfutant l’idée de «négociations directes». Mais, les bases du dialogue sont jetées. Si, à Paris, le départ en exil de Kadhafi «maintenu dans une autre pièce, avec un autre titre», selon le ministre de la Défense, Gérard Longuet, n’est plus à l’ordre du jour, la fin de l’intervention de l’Otan est conditionnée par la mise en place d’un dialogue entre Tripoli et le CNT.

Les chances d’un règlement négocié sont confortées par les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui se dit favorable aux «solutions politiques». En visite à Addis Abeba où il a eu des entretiens avec le président adjoint de la commission de l’Union africaine, Erastus Mwencha, et le Commissaire pour la paix et la sécurité, Ramtane Lamamra, le chef de la diplomatie française a fait du départ du pouvoir de Kadhafi «l’élément clé» de l’issue politique impliquant un «dialogue national entre toutes les parties» et un «vrai cessez-le-feu». Le rapprochement français avec l’Union africaine, auparavant dédaigneusement écartée au profit du «groupe de contact» en souffrance, fonde le retour à la démarche africaine vis-à vis d’une crise qui dure plus longtemps que prévu.

Le pas africain de Sarkozy scelle la fin de l’utopie d’une guerre éclair, totalement compromise par l’incompétence notoire des insurgés de Benghazi, la volte-face de l’allié britannique, le retrait américain et la certitude de la chute programmée de Tripoli devenue aléatoire. L’homme qui rêvait de conquête est totalement pris dans le piège libyen dont il faudra assurément démêler l’écheveau d’une situation inextricable.

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