Top

Côte d’Ivoire: Des avocats accusent sur l’arrestation de Gbagbo

le 14 avril 2011 à 14:06 

Une fille de Laurent Gbagbo a saisi des avocats français pour étudier la «légalité» de l’arrestation, lundi dernier, de ses parents ainsi que celle de l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire, selon un communiqué transmis, hier, par un conseiller à Paris de l’ex-chef d’Etat.

«J’ai décidé, en accord avec ma famille, de demander à Me Jacques Vergès, Me Roland Dumas, Me Gilbert Collard, Me François Epoma, Me Habiba Touré, de constituer un collectif d’avocats afin d’assurer la défense de Laurent et Simone Gbagbo, ainsi que des autres membres de ma famille et des collaborateurs détenus illégalement par les rebelles», dit Marie-Antoinette Singleton dans un communiqué.

«J’ai demandé à ces avocats d’étudier les conditions de légalité, au sens international, de l’arrestation du président de la République et de la Première dame et aussi la légalité internationale de l’intervention de l’armée française, qui a agi en dehors du cadre de la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l’ONU», ajoute Marie-Antoinette Singleton, qui vit aux Etats-Unis. Le camp Gbagbo accuse Paris d’avoir envoyé des forces spéciales pour «enlever» Laurent Gbagbo. Interrogé hier par l’AFP, Me Vergès a déclaré avoir «bien sûr accepté» de défendre l’ex-chef d’Etat ivoirien, précisant qu’il déciderait des détails de la démarche, dès ce jeudi, lors d’une rencontre avec Roland Dumas.

«Oui, j’ai accepté», a également répondu Me Gilbert Collard, qui n’a jamais défendu la famille Gbagbo jusqu’à présent. «On va déclencher le plus de recours internationaux possible pour déclencher une enquête et savoir dans quelles conditions la France a pu agir», a-t-il dit affirmant que la France n’avait pas reçu, selon lui, de la part de l’ONU, de «mandat d’arrêter» Laurent Gbagbo. «Arrêtons l’hypocrisie, les forces françaises ont délibérément fourni les moyens de son arrestation. C’est une infraction au regard du droit international», a estimé M. Collard. De plus, «en vertu de quel titre M. Gbagbo a-t-il été arrêté ? Il n’y avait pas de mandat d’arrêt», a poursuivi l’avocat, qui entend «demander un permis de visite» pour se rendre en Côte d’Ivoire voir son client. M. Gbagbo, qui avait été arrêté lundi dans la résidence présidentielle et conduit dans la foulée à l’hôtel du Golf, quartier général de M. Ouattara, après une guerre de 10 jours.

«A l’heure où je vous parle, Monsieur Laurent Gbagbo n’est plus à l’hôtel du Golf, il est en Côte d’Ivoire, bien sécurisé», a déclaré M. Ouattara au cours d’une conférence de presse. Le porte-parole de la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), Hamadoun Touré, a dit qu’il avait été transféré en hélicoptère dans «le nord du pays», tandis qu’à New York, au siège de l’ONU, le président en exercice du Conseil de sécurité, l’ambassadeur colombien Nestor Osorio, a précisé que M. Gbagbo avait été transféré «dans une résidence présidentielle» dans le Nord.

En outre, reconnaissant que ses troupes ont commis des exactions, Alassane Ouattara a annoncé qu’il allait «demander au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d’engager des investigations sur les massacres survenus dans l’Ouest». «Ces massacres sont inadmissibles, indignes, je suis révolté», a-t-il déclaré.

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (2 votes, moyenne: 5,00 de 5)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom