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Egypte : Moubarak et ces deux fils en détention

le 14 avril 2011 à 13:37 

Le procès est réclamé par les protestataires de la place Tahrir criant même à la collusion de l’armée avec l’ancien chef de l’Etat.

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. La mise en détention pour 15 jours de Hosni Moubarak, victime d’un accident vasculaire, et de ses deux fils, le candidat à sa succession Gamal et l’homme d’affaires Alaâ, a mis fin à la rumeur qui le donnait en fuite en Jordanie, après avoir évoqué auparavant son départ en Arabie Saoudite pour y recevoir des soins.

C’est dans le centre médical international de Charm El Cheïkh, situé à la périphérie Est de la capitale, que le vieux raïs, aigri et refusant toute alimentation, a été placé pour entamer son audition sur les accusations de répression de la révolte de janvier-février qui a fait 800 morts et de corruption. Les Al Moubarak sont en état de choc. Gamal et Alaâ, poursuivis pour « l’utilisation de l’argent public », ont été, quant à eux, transférés à la prison de Tora, le chef-lieu du Sud-Sinai, où séjournent des dignitaires de l’ancien régime.

En dépit de la récente sortie du président déchu, clamant à El Arabiya son innocence et dénonçant une campagne de diffamation, la machine judiciaire a été enclenchée pour faire face à la terrible pression jamais démentie de la rue exigeant la traduction en justice de Hosni Moubarak, de sa famille et de certains milieux d’affaires. Le procès est réclamé par les protestataires de la place Tahrir criant même à la collusion de l’armée avec l’ancien chef de l’Etat issu de ses rangs.

Lors du rassemblement de vendredi dernier, plusieurs milliers de manifestants ont réitéré cette revendication et appelé au départ du maréchal Tantaoui, son ancien ministre de la Défense, présidant actuellement aux destinées du conseil supérieur des forces armées. Le geste formalisé par le procureur général Abdel Maguid Mahmoud, plus que symbolique, a valeur d’apaisement et de volonté de conciliation avec le mouvement contestataire en crispation avec l’armée vidant par la force la place Tahrir et procédant à de nombreuses arrestations, comme ce fut le cas, lundi, du jeune blogueur critique condamné par un tribunal militaire à 3 ans de prison. La ligne rouge définitivement franchie ou un gage de confiance pour une transition démocratique crédible et consensuelle ? La chute du raïs marque la fin d’une époque sclérosée et marquée par le règne de la corruption.

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