Top

Cambodge, le Premier ministre Hun Sen prépare les élections à sa manière

le 14 septembre 2017 à 12:34 

Préparer des élections, ne veut pas forcément dire la même chose suivant le pays où ces élections ont lieu. Au Cambodge, le Premier ministre Hun Sen voit les choses à sa manière, et surtout prépare sa réélection. On assiste à l’expulsion de certaines ONG, les membres de l’opposition sont arrêtés et des médias sont fermés au fur et à mesure.

La répression s’intensifie à mesure que l’on se rapproche des élections générales de l’été prochain. Une constatation que le quotidien anglophone Cambodia Daily a pu vérifier lui-même en fermant ses portes, le 4 septembre, après vingt-quatre ans d’activité. Le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) a été empêché de commémorer l’attaque d’un rassemblement de l’opposition qui avait fait près de 20 morts et une centaine de blessés le 30 mars 1997. Kem Sokha, a été arrêté le 3 septembre par une bonne centaine de policiers, qui ont saccagé son domicile. Il lui est reproché une « conspiration secrète, entre Kem Sokha, son groupe et des étrangers, faisant du tort au Cambodge », selon le communiqué de Phnom Penh.

Encore une fois, Hun Sen, au pouvoir depuis 1985 évoque la trahison pour s’en prendre à toute forme de critique, d’indépendance, d’expression libre et de liberté d’association. L’ex-soldat khmer rouge, qui a déserté les rangs de Pol Pot en 1977, a fait main basse sur le royaume cambodgien et s’est dit prêt à rester encore dix ans au pouvoir.

Il faut dire, que la place est bonne, et il ne voudrait pas lâcher un travail de fourmi, qui lui a permis de placer dans les rouages de l’administration ses amis et ses fidèles, sa femme et ses enfants. Il entend préserver ses intérêts familiaux et patrimoniaux, qu’il mélange allègrement à ceux du Parti du peuple cambodgien.

En bon politique, Hun Sen sait que pour tout justifier, il faut désigner un ennemi, et un complot. En l’occurrence l’action des organisations des droits de l’homme, de la presse et des ONG, ses adversaires politiques et surtout derrière tout cela, les Etats-Unis, qu’il faut bien l’avouer ont un lourd passif dans la région. « Derrière Kem Sokha, c’est toujours la même main, celle de l’Amérique », affirmait récemment le Premier ministre cambodgien, lors d’un discours télévisé.

Hun Sen profite d’une croissance économique alimentée et soutenue d’une aide inconditionnelle et financière de la Chine, qui apprécie volontiers quelques prises de position contre l’Amérique. Fort de tout cela, pas question pour Hun Sen de laisser la place, et même de la place à une quelconque opposition. Il ne veut pas revivre 2013, les élections avaient vu le CNRP de Sam Rainsy, aujourd’hui en exil, se positionner comme force d’opposition et contester son autorité. Il a dû faire déployer ses forces de sécurité contre les manifestants, et depuis suivant l’adage « mieux vaut prévenir que guérir ». Hun Sen a mis de côté le processus de démocratisation prévu dans les accords de Paris, en 1991.

Ce qui arrive à Hun Sen n’est hélas, qu’un nouveau parfait exemple que résume la maxime « le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument ». Pour le plus grand malheur du pays et des habitants qui en subissent les conséquences.

Crédit photo : Phnom Penh Post

 

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (1 votes, moyenne: 5,00 de 5)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom