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Algérie: Le président Bouteflika lance les réformes politiques

le 16 avril 2011 à 12:01 

Les partis, les associations, les syndicats et les citoyens ne manqueront pas de s’associer pour concrétiser les réformes annoncées par le président. Elles sont de nature à extirper le paysage politique de sa torpeur.

La Constitution et de nombreuses lois vont être amendées. C’est l’armature des réformes annoncées hier par le président Abdelaziz Bouteflika dans son discours à la nation. Conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution, il a annoncé qu’il va réviser la Constitution et amender plusieurs lois. Code électoral, Code de la wilaya, loi sur les associations, Code de l’information et loi sur les partis vont subir un lifting. Il y aura aussi une loi-cadre sur la participation de la femme à la vie politique. Pour amender la Constitution, une commission sera créée et sera composée de constitutionnalistes et des partis. Référendum ou amendement par la biais du Parlement? La question n’est pas tranchée. Tous les partis vont être consultés sur ces projets.

Pour le Président, ces réformes visent à permettre au peuple de s’exprimer librement. Il n’écarte même pas la possibilité d’inviter des observateurs étrangers lors des prochaines élections. La réforme portera aussi sur le non-cumul des mandats. Il appelle les partis à se préparer en vue de ces consultations. Il promet la création de chaînes d’information thématiques ouvertes aux partis. Le tout pour ouvrir la voie à une participation au renouveau. Les citoyens vont participer plus activement à la prise de décision en modifiant les compétences des assemblées locales d’où la révision du Code de wilaya. Le mouvement associatif aura aussi plus de liberté. Les associations sont invitées à débattre du sujet. Le respect des droits de l’homme doit être une préoccupation de toute cette composante de la société. Pour ne rien ôter à cette liberté d’expression, les associations et les partis auront plus d’accès aux médias avec la promesse d’amender la loi sur l’information pour revoir les articles ayant trait aux délits de presse et à la diffamation. Sans cette garantie, son invitation à associer les citoyens à assembler leurs efforts pour une vie politique plurielle serait vaine. Il veut que chacun participe au renouveau de la République. Cette ouverture n’aurait pas été possible sans certains préalables.

Le Président a d’ailleurs entamé son discours en évoquant le recouvrement de la paix. C’est suite à cette réalisation qu’il a pu lancer trois plans de développement successifs, a-t-il assuré. Ils ont pour but le renforcement des infrastructures, la construction de logements (1 million à chaque quinquennat). Le soutien de l’Etat aux produits de première nécessité est aussi évoqué tout comme le remboursement anticipé de la dette extérieure. Malgré ce constat, il juge qu’il est normal que le vent du changement qui souffle sur le Monde arabe touche aussi l’Algérie sans permettre à quiconque de s’ingérer dans ses affaires. Il enregistre les propositions de diverses parties proposant le changement. Justice et Etat de droit sont parmi les revendications des citoyens entendues par le Président. Pour ces raisons, il engage non seulement des réformes politiques mais aussi des réformes économiques et sociales. Il qualifie les demandes des citoyens de légitimes. Pour le Président, il est temps de réduire les disparités mais pas à n’importe quel prix..

«Beaucoup de sang a coulé et beaucoup de larmes aussi, et ce dans le but de maintenir une Algérie unie et de préserver la République». Personne n’a le droit de faire planer d’autres menaces sur les Algériens ni de porter atteinte à la souveraineté du pays, a-t-il averti. La réforme, il la conçoit dans le calme. Avec l’aide des partis. En évoquant le paysage politique, l’Algérie n’a pas de leçons à recevoir, selon la conviction du Président. Il avance le chiffre d’une trentaine de paris agréés et fait référence à un Parlement composé d’une multitude de ces partis. Parmi les avancées qui lui tiennent à coeur, le Président cite la liberté de la presse. Il est aussi fier du fait qu’il n’y ait point de détenus politiques. Pour rassurer davantage l’opinion, il fixe des limites à l’action de l’Etat. L’administration et la justice ne doivent se plier qu’à la loi. Une légitimité sans faille est nécessaire pour redorer le blason des assemblées élues, a-t-il poursuivi sans perdre de vue qu’il faut permettre aux citoyens de participer davantage à la prise de décision.

«Pour autant, tout ne va pas pour le mieux», a-t-il reconnu. Il cite les maux qui rongent la société. «Il y a la corruption et les gaspillages que nous allons combattre», promet-il, en ajoutant que c’est un combat auquel tout le peuple doit participer. Des décisions importantes vont impulser la lutte contre la bureaucratie et la dilapidation de deniers publics. L’oeuvre n’est pas du ressort exclusif de l’Etat. Les citoyens, les associations et les partis vont être consultés sur les réformes. Toutes les forces politiques y participeront ainsi que toutes les compétences. Des négociations vont suivre sur la réforme économique et de l’entreprise afin de créer plus d’emplois et améliorer la compétitivité. Un plan d’encouragement à l’investissement sera élaboré en concertation avec le monde de l’économie pour améliorer le climat des investissements. Bouteflika assure qu’il n’a pas attendu les mouvements de rue pour penser au soutien à la création d’entreprises par les jeunes et à l’encouragement à l’emploi.

Ce sont là quelques solutions aptes à satisfaire les revendications de la population. Malgré ces programmes, il y a de nouvelles demandes qui vont surgir et auxquelles il convient de répondre, insiste le Président. Dans ce cadre, il cite notamment les projets de réalisation de logements et l’octroi de crédits pour l’accession à la propriété. C’est à la réalisation de ces tâches que s’emploie le Président. Lorsqu’il s’adresse aux citoyens, il dit que l’Algérie suit l’actualité dans le Monde arabe. Il assure qu’il respecte la souveraineté de ces pays et s’interdit de s’ingérer dans leurs affaires intérieures. Manière de dire qu’il s’attend à l’application du principe de réciprocité.

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