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L’affaire DSK risque de brouiller toutes les cartes pour 2012

le 16 mai 2011 à 11:57 

Hier matin, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a été inculpé à New York pour agression sexuelle, séquestration et tentative de viol.

Celui qui était donné favori par la quasi-totalité des sondages, comme meilleur aux primaires socialistes s’il se présentait et plus encore comme devant l’emporter au deuxième tour face à Nicolas Sarkozy, vient de fait, par ces nouveaux ennuis judiciaires considérés comme très graves s’ils étaient avérés, de chambouler pour le moins tous les calculs gauche-droite qui se dessinaient pour la présidentielle. En attendant, la prudence est observée à gauche, y compris par ses éventuels adversaires aux primaires ; une partie de la droite se frotte les mains pendant que Marine Le Pen, qui risque de tirer le plus grand profit de cette inculpation, considère que DSK est déjà out.

Le Parti socialiste n’avait vraiment pas besoin de cet épisode gravissime dans la préparation de ses primaires en vue de la présidentielle, même si certains prétendants et concurrents de DSK, et ils sont nombreux, se frottent sûrement les mains : un de moins dans la course, et pas des moindres prétendants, celui donné, jusque-là, gagnant à tous les coups, celui que beaucoup présentaient comme devant enfin ramener le PS au pouvoir lors de la présidentielle de 2012. Mais quelle est donc cette tuile qui vient chambouler l’édifice, déjà fragile, du Parti socialiste ? Les faits, qui auraient eu lieu samedi, se précisent dimanche : Dominique Strauss-Kahn a été inculpé d’agression sexuelle, de séquestration et de tentative de viol quelques heures après son arrestation à l’aéroport Kennedy de New York, après avoir été débarqué d’un vol Air France en partance sur Paris et juste quelques minutes avant le décollage, retardé d’ailleurs d’une vingtaine de minutes.

L’inculpation de DSK fait suite, selon la police new-yorkaise, à la plainte d’une femme de chambre du Sofitel, où il séjournait avant son départ programmé sur Paris puis Berlin où il devait rencontrer la chancelière Merkel et participer lundi à une réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles. La présumée victime — 32 ans — aurait déclaré à la police qu’elle était entrée dans la chambre la supposant vide et c’est là que DSK, sorti nu de la salle de bains, l’aurait agressée, tenté de la violer et verrouillé la porte pour l’empêcher de sortir. C’est là la version de la présumée victime. Quant au présumé coupable, jusqu’à hier après-midi, il s’est refusé à toute déclaration et son avocat a juste informé qu’il plaidera non coupable. Ce n’est pas la première fois que DSK se trouve accusé d’agression sexuelle. Nommé à la direction générale du FMI en 2007 pour un mandat de 5 ans, dès 2008, il est l’objet d’une enquête interne au FMI pour abus de pouvoir, harcèlement sexuel et favoritisme suite à une liaison extra-conjugale qu’il aurait eue avec la responsable Afrique du FMI. Mais il finit par être innocenté de tous ces délits, le FMI lui reprochant cependant des erreurs de jugement, en l’occurrence le mélange vie privée et vie professionnelle.

Depuis, DSK semblait être très prudent et très vigilant mais cela n’a pas suffi au «préféré des Français» à gauche mais aussi par beaucoup de droite qui ne voyaient d’ailleurs pas en lui un «socialiste» mais un très bon économiste socio-libéral qui pouvait sauver l’Hexagone. Cet engouement pour celui qui ne s’était pas encore prononcé sur sa candidature à la présidentielle de 2012 mais qui ne semblait faire aucun doute, est devenu le cauchemar du futur candidat Sarkozy que de nombreux sondages donnaient perdant face à DSK. La crainte était si grande dans le camp de droite qu’il fallait absolument trouver des failles et on la lui trouva : dans une photo publiée par le Parisien de DSK à côté d’une Porsche, et qui a fait les choux gras des ténors de l’UMP qui ne manquèrent d’y trouver un futur candidat «bling-bling», même si la voiture haut de gamme ne lui appartient pas. Avec cette nouvelle affaire, même si elle n’est pas encore prouvée, la candidature à la présidentielle en France de DSK est plus que jamais compromise. Mais il n’y a pas que la présidentielle de 2012. Le poste même de directeur général du FMI semble compromis.

Dès hier, certains en appelaient à la «provocation» : on aurait, disent-ils, fomenté cette «pseudo-agression ». Qui serait l’organisateur de cette provocation ? Certains avancent des agents du FMI lui-même et d’autres le président français qui n’a jamais supporté que les Français lui préfèrent «quelqu’un qui est loin des terres françaises». En attendant, la classe politique est sous le choc. A droite, certains comme Bernard Debré enfoncent le clou en déclarant DSK non fréquentable alors que d’autres manifestent plus de décence. La direction du PS est, quant à elle, sonnée par ce séisme et en appelle à la prudence : DSK est présumé innocent et il faut attendre en serrant les rangs à gauche, appelle Marine Aubry, la première secrétaire du PS. Celle qui peut naturellement tirer immédiatement profit des ennuis de DSK est Marine Le Pen qui n’a pas attendu pour déclarer hier matin que DSK n’a plus de crédibilité pour être candidat en 2012. Cette histoire est venue, en effet, élargir encore le boulevard qui lui a été ouvert par Sarkozy il y a quelques mois déjà.

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