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Election présidentielle : Goodluck succédera-t-il à lui-même ?

le 17 avril 2011 à 0:30 

Le Nigeria, premier producteur de brut en Afrique, huitième exportateur mondial, pays le plus peuplé dans le continent avec 155 millions d’habitants, théâtre des attaques contre les installations pétrolières du delta du Niger, a repris hier le chemin des urnes dans un climat de tensions ethniques et religieuses.

Les 73 millions d’électeurs inscrits ont été conviés à choisir parmi 20 candidats leur président. Ils retourneront le 26 avril prochain pour élire les gouverneurs des Etats, les députés et les sénateurs dans les 48 circonscriptions où le vote n’a pas eu lieu samedi dernier.

Goodluck Jonathan, le vice-président devenu chef de l’Etat en mai 2010 après le décès de son prédécesseur Umaru Yar’Adua (2007-2010), est le candidat du Parti démocratique du peuple (PDP, au pouvoir) qui a remporté toutes les présidentielles depuis 1999. Il est donné favori face à une opposition incapable de former une alliance. Il aurait selon les sondages 60% des voix.

Certains analystes, à la lecture des revers électoraux subis par le PDP le 9 avril, n’excluent pas une surprise. Selon eux, le général Muhammadu Buhari, 69 ans, qui a dirigé le Nigeria d’une main de fer entre décembre 1983 et août 1985 et qui brigue le poste suprême pour la troisième fois depuis 1999, pourrait avec le Nord musulman qui estime que la présidence devrait lui revenir, en vertu de la règle prévoyant une rotation du pouvoir entre le Nord et le Sud, créer une surprise.

Comment ? En forçant le «chrétien du Sud» de 53 ans à aller, une première depuis 1999, à un second tour où Nuhu Ribadu, 50 ans, surnommé «monsieur propre» depuis qu’il a dirigé l’agence anti-corruption du Nigeria, et Ibrahim Shekarau, le gouverneur sortant de l’Etat de Kano, dans le Nord, pourraient peser avec leurs consignes de vote. Surtout si les «mouvements nocturnes d’avions transportant des cartes électorales» dénoncés par le principal candidat de l’opposition sont confirmés et Buhari qui a, en 2003 et en 2007, sollicité la justice pour obtenir réparation après les fraudes reconnues par les observateurs internationaux, opte pour la rue.

Comme l’a fait en Côte d’Ivoire Allassane Ouattara. «Si le Nigeria s’en sort bien, cela aura un impact positif sur le reste du continent et prouvera au reste du monde que l’Afrique est capable de gérer ses processus électoraux», note l’ancien président ghanéen John Kufuor, qui dirige la mission d’observation de l’Union africaine dans ce pays «très pauvre malgré la manne pétrolière». A l’inverse, dit-il, «un échec aurait des conséquences sinistres pour le continent». Le Delta du Niger, le cœur de la production de pétrole, est depuis quelques années, instable.

Le Mouvement pour l’émancipation du Delta du Niger mène des attaques contre les forces gouvernementales et les installations pétrolières. Le nord-est du pays n’est pas mieux loti. Il est le théâtre de troubles provoqués par Boko Haram, une secte qui prétend que l’éducation occidentale doit être interdite.

La ville de Jos, dans l’État du Plateau, est, elle aussi, perturbée par des affrontements confessionnels entre Chrétiens et Musulmans. Outre ces problèmes politiques qui pourraient être aggravés par le non-respect de la règle non écrite : l’alternance des mandats entre le Nord et le Sud, le futur président aura à régler le problème de l’électricité, malgré les seize milliards de dollars dépensés depuis 1999, restaurer la confiance au sein du peuple et améliorer l’image du pays à l’étranger ternie par ses élections violentes et frauduleuses et une corruption sans égale.

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