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Kadhafi doit partir, disent en chœur Sarkozy et Cameron

le 17 avril 2011 à 0:23 

L’avenir de la Libye ne peut s’envisager avec Kadhafi qui doit partir : c’est tout le message de la tribune commune de Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron publiée dans le Figaro.

Mais tout le problème est justement de savoir comment faire partir le despote de Libye : intervenir plus intensément et faire approuver cette intervention par une autre résolution du Conseil de sécurité ou continuer à intervenir dans le cadre de la résolution 1973 et laisser faire le temps qui isolera progressivement le colonel libyen de ses soutiens nationaux et internationaux, le contraignant à baisser finalement les bras et partir ?

Les trois dirigeants ont tenu dans cette forme de communication assez particulière à rappeler d’abord les conditions de leur intervention en Libye, qu’il ne faut, disent-ils, jamais perdre de vue. Le chaos dans lequel a plongé la Libye, insistent-ils, «a été le résultat des attaques du colonel Kadhafi contre son peuple». Et pour signifier à la Ligue arabe que si certains de ses membres se sont rétractés depuis, c’est bien la Ligue arabe qui, face aux massacres perpétrés, «a exigé des actes» tout comme l’opposition libyenne qui, «dans sa détresse, s’est tournée vers la communauté internationale.

En réponse, l’adoption de la résolution 1973 a permis à une coalition agissant sur mandat des Nations Unies de protéger les populations civiles libyennes. Mais, souligne la Tribune, si des milliers de vies ont été épargnées, Kadhafi continue d’infliger jour après jour des atrocités au peuple libyen. Ses missiles et ses obus s’abattent sur les civils sans défense à Ajdabya. Il essaye d’étrangler la population de Misrata, qui subit un siège digne du Moyen-âge, pour l’obliger à se soumettre ». S’il ne s’agit pas de faire partir Kadhafi par la force, il est tout aussi impossible, disent les trois dirigeants, «d’imaginer que la Libye ait un avenir avec Kadhafi» et «impossible que quelqu’un qui a voulu massacrer son peuple joue un rôle dans le futur gouvernement libyen». Les trois dirigeants n’évoquent pas d’impasse et estiment que pour accélérer le départ du colonel libyen, «l’OTAN et les partenaires de la coalition doivent maintenir leurs opérations afin que la protection des civils soit maintenue et que la pression sur le régime s’accroisse».

Le texte de la Tribune affirme en conclusion : «La France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis n’auront de cesse de mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité pour que le peuple libyen puisse décider lui-même de son avenir.» Pour autant, même non explicite, l’impasse est là et les limites du mandat de l’ONU sont bien réelles dans la conjoncture de ces jours derniers, faite de coups portés par le tyran libyen à la coalition et au peuple et de bravades de Kadhafi qui se permet de parader dans les rues de Tripoli pour indiquer qu’il est toujours là. Pour éviter l’enlisement, l’OTAN et la coalition se trouvent devant une alternative. Le premier terme de cette dernière est de demander au Conseil de sécurité la possibilité d’élargir le mandat d’intervention en renforçant les frappes et peut-être en armant les insurgés. Cette solution qui permettrait d’en finir assez vite avec le chef libyen est peu probable dans la mesure où de plus en plus, des réticences sont nées sur le danger d’armement des insurgés eu égard au manque de fiabilité et la qualité réelle et peu claire des chefs de l’opposition.

De plus, il n’est pas sûr que le Conseil de sécurité et notamment deux de ses membres, la Russie et la Chine, approuvent une telle décision. Le deuxième terme de l’alternative consisterait en une solution à plus long terme qui, tout en intensifiant les frappes, dans le strict cadre de la résolution 1973, joue sur l’isolement national de Kadhafi – abandon progressif de tous ses soutiens militaires —, et un isolement international si grand que de lui-même, le caïd libyen, se verrait contraint de baisser les armes.

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