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Algérie : Le double attentat a fait 2 morts et quelques bléssés à Bordj-Ménaïel

le 17 juillet 2011 à 13:08 

Un double attentat kamikaze a ciblé, hier à l’aube, le siège de la Sûreté de Bordj-Ménaïel, localité située à une quarantaine de kilomètres à l’est du chef-lieu du département de Boumerdès.

Le premier attentat a été l’œuvre d’un kamikaze qui s’est fait exploser à quelques dizaines de mètres du commissariat à bord d’une Toyota Hilux. Au vu des dégâts, la charge devrait peser plusieurs centaines de kilos, 35 minutes, plus tard, le second kamikaze a fait sauter la charge qu’il transportait sur une moto. Ce commissariat, ciblé, est situé dans une esplanade à côté du siège de l’APC.

Le bilan officiel fait état de deux morts et vingt blessés. Un policier et un civil ont été tués par le second kamikaze. Pour le civil tué, il s’agit de Chibane Kamel, âgé de 40 ans, père de deux enfants. «C’est un pauvre malheureux que tout le monde estime. Il a rejoint son poste de travail avant l’heure ; c’est la preuve de son sérieux», dira à son sujet Madjid, résidant dans les environs du lieu de cette attaque kamikaze. Concernant le nombre de blessés, ces mêmes sources avancent une liste de sept policiers et un gendarme gravement atteint et qui a été évacué vers l’hôpital militaire de Aïn Naâdja. Les policiers ont quitté l’hôpital de Bordj-Ménaïel après avoir reçu des soins. Cinq civils ont été également blessés. Quatre d’entre eux que nous avions visités à l’hôpital de la ville et qui ont été atteints aux pieds, à l’abdomen et au thorax par des éclats de la seconde bombe attendaient leur tour pour être opérés.

Le timing de ce double attentat a été étudié de façon à toucher le plus grand nombre de personnes, particulièrement la population du quartier. Voici les faits tels qu’ils nous ont été rapportés par le voisinage de ce commissariat. Le premier kamikaze, qui n’a pas pu atteindre le commissariat une barrière l’en empêchait s’est fait exploser, quelques dizaines de mètres du bâtiment, des services de sécurité, à 5 heures 45 du matin. La déflagration a fait beaucoup de dégâts matériels mais aucune perte humaine n’a été enregistrée. «Juste après l’explosion, je suis sorti de chez moi, comme un grand nombre de mes voisins. Nous avons accouru vers le lieu de l’explosion pour s’enquérir d’éventuelles victimes. Par la suite, les sapeurs-pompiers sont arrivés. Ils m’ont prodigué quelques soins car j’ai été touché à l’épaule.

Puis brusquement, les policiers ont commencé à crier : “Sauvez-vous il y a un deuxième kamikaze ! En m’éloignant de l’endroit où l’explosion s’est produite, j’ai vaguement vu un jeune sur une moto tourner depuis la rue du stade vers la grande place de la mairie. Un citoyen lui disait que le passage est fermé. Il a foncé quand même. Quelques moments plus tard nous avons entendu la seconde explosion”», nous relate Madjid, écrivain, scénariste connu dans la ville.

«C’est la consternation ! Ces criminels visaient la population civile. Ils voulaient faire un plus grand nombre de victimes. Il faudrait que nos citoyens prennent conscience que ce sont eux qui sont visés par les terroristes. C’est justement grâce à l’alerte donnée par les services de sécurité qu’un carnage a été évité de justesse», a t-il déclaré Kamel Abbès.

De leur côté, les citoyens dénoncent le mauvais traitement réservé à leur ville. A notre question sur le climat social qui prévaut dans leur ville, un homme d’une cinquantaine d’années assène, «imaginez le pire et écrivez-le. Vous n’aurez pas tort ! Nous avons le chômage, la précarité, la drogue, le vol, la violence, l’injustice, le passe-droit et la très mauvaise gestion ! Vous n’avez qu’à regarder autour de vous, notre ville n’a plus de trottoirs».

Effectivement, tous les trottoirs de la ville sont squattés par les bazaristes, réputés proches des islamistes radicaux. «Notre ville pue tous les jours. Nous risquons toutes les maladies émanant de la saleté. Les ordures s’entassent en ville». «Les logements sociaux ont été distribués aux délinquants».

«Depuis l’incident survenu en 2003 entre Zerhouni et nos jeunes, notre commune est sur la liste rouge». Il est clair que les Bordjiens ont gros sur le cœur mais restent calmes et dignes. Cette attaque des islamistes armés ne les a pas perturbés.

La tête du kamikaze de la moto a été retrouvée intacte par les policiers. Il s’agit, selon des sources sûres, de celle d’un certain Boudjemaâ, âgé d’une vingtaine d’années. Le kamikaze serait originaire du village de Ouled Ziane dans la commune de Leghata au nord de la ville de Bordj-Menaïel. Il fait donc partie de la seriate de cette commune que commande un certain Tadjer. Ce groupe armé de l’émir Tadjer travaille avec un autre groupe terroriste des environs de la vallée de Oued Issers. Il s’agit de la seriate de Zemmouri. Elle a perpétré le premier attentat kamikaze durant le mois du Ramadan 2010.

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