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Libye : La feuille de route d’Istanbul mène à la case départ

le 17 juillet 2011 à 12:31 

Le coup de pouce d’Istanbul a eu l’effet recherché : la reprise de l’offensive sur Brega considéré par les stratèges militaires comme étant le verrou du front est.

Une incursion en profondeur a été lancée de Benghazi pour tenter de reprendre cette importante ville pétrolière tenue de mains de fer par les 3 000 soldats de Kadhafi. Mais la résistance de l’armée loyale a fait subir le même sort à cette nouvelle offensive rendue vaine et tout aussi coûteuse : 10 rebelles tués et 172 blessés par des mines pour la plupart. «Nous étions tout près de Brega aux environ de 03h 00 du matin, l’Otan nous a ordonné de nous replier. Nous reculions quand notre blindé a touché une mine qui a détruit les chenilles», a expliqué le jeune Ali Saleh, allongé sur son lit d’hôpital.Pour sa part, l’Alliance a annoncé avoir détruit vendredi 14 objectifs militaires dans des bombardements aériens sur cette ville.

L’enjeu de Brega est décisif dans la marche vers Tripoli, à chaque fois repoussée. A la pointe du golfe de Syrte, le port pétrolier de Brega est une source de financement importante et participe, comme c’est le cas pour son équivalent du front de l’ouest présentement assagi, Djebel Nefoussa, au siège de Tripoli. Cette situation est confortée par la reconnaissance internationale du CNT (Conseil national de transition) dûment avalisée par le sommet d’Istanbul. «Le groupe de contact a aussi encouragé les participants à fournir une aide financière substantielle au Conseil national de transition (CNT), y compris à travers des mécanismes autorisant les entités contrôlées par le CNT à exporter des hydrocarbures», affirme la déclaration commune. D’autres formes de soutien, autorisant le versement anticipé sur les avoirs libyens gelés (10 à 20%), tentent de maintenir à flots l’insurrection à bout de souffle et à la remorque de l’Otan menacée d’enlisement.

Mais il est clairement admis que la rencontre d’Istanbul, boycottée par la Chine et la Russie, ne peut pas contribuer au règlement de l’équation libyenne en raison de l’inefficience de la solution militaire et de la faible représentativité du CNT reconnu comme «l’autorité gouvernementale légitime» appelée à «élargir sa base populaire» et à «explorer les voies et les moyens d’avancer vers la formation d’un gouvernement intérimaire». Vœu pieux ? Plus est, la «feuille de route» d’Istanbul a anéanti l’espoir d’un règlement négocié de la crise favorisé par les contacts entre Paris et Tripoli. Elle complique davantage le scénario de l’après-Kadhafi. Si à Benghazi, le CNT a salué les Etats-Unis comme «protecteur et promoteur de la démocratie et de la liberté», Tripoli s’emmure dans la résistance.

Dans un message relayé par haut-parleurs à des milliers de ses partisans rassemblés à Zliten, une ville visée par les rebelles à 150 km à l’est de Tripoli, le leader libyen continue de défier la coalition internationale. «J’ai avec moi cinq millions de Libyens prêts au martyre», a martelé le dirigeant libyen convaincu que la reconnaissance du «soi-disant CNT» n’a aucune portée pour le peuple libyen. Retour à la case de départ ?

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