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Nucléaire : le Japon fait marche arrière et l’Allemagne cherche un plan B

le 18 avril 2014 à 15:24 

centrale_nucleaire_allemagne_2Alors que la question de la compétitivité industrielle reste au cœur de l’actualité après le remaniement ministériel, la nouvelle Ministre de l’Energie, Segolène Royal, soulignait récemment que « le nucléaire n’est pas une énergie propre mais c’est une énergie performante qui ne contribue pas à l’effet de serre ». C’est d’ailleurs cette réalité qui pousse les deux pionniers de la sortie du nucléaire, l’Allemagne et le Japon, à revoir leur stratégie énergétique…

Aux micros de Jean-Jacques Bourdin sur BFM TV, Ségolène Royal annonce accélérer pour présenter le projet de loi de transition énergétique en juillet. Après de nombreux reports, l’examen du texte devrait avoir lieu en mai au conseil des ministres. Pourtant, la question de la prolongation des centrales fait encore l’objet de vives négociations au sein de l’exécutif, particulièrement après la sortie des écologistes du gouvernement. En effet, comme le rappelait Henri Proglio, « quelle que soit la durée de vie des centrales il faudra bien les remplacer ». Une manifestation avait d’ailleurs lieu il y a quelques jours sur le site de la centrale de Fessenheim afin de protester contre une éventuelle fermeture.

Chez nos voisins d’outre-Rhin, la Chancelière Angela Merkel se pose également des questions. Comme le note le journal Les Echos, elle considère que « le monde [nous] les observe et se demande avec un mélange d’incompréhension et de curiosité si [nous allons]  les allemands vont réussir le tournant énergétique ». Malgré des hésitations, elle maintient le cap annoncé au lendemain du drame de Fukushima, au plus grand dépit de la société E.ON qui a devra fermer en avance sa centrale nucléaire de Grafenrheinfeld, notamment afin d’éviter de payer les taxes sur un carburant qui ne pourra pas être amorti. Mais les réclamations des industriels sont nombreuses et petit à petit, la décision de sortie du nucléaire est remise en cause. D’abord avec la chambre de commerce qui demande l’élaboration d’un plan B, tandis que le président de la commission des affaires économiques du Bundestag, Peter Ramsauer, résume au Spiegel, «  si l’on veut baisser les prix, il faut revenir au nucléaire ».

Ce raisonnement, c’est également celui tenu par le Premier Ministre Shinzo Abe qui a réussi à convaincre sa coalition gouvernementale de le suivre sur une relance du programme nucléaire. L’argument économique fut évidemment déterminant, cela étant, le rapport de l’ONU sur les effets des radiations après Fukushima a permis aussi de rassurer les citoyens. D’après les données relevées par les chercheurs, le taux de cancer ne devrait pas connaitre d’augmentation et la population locale devrait être préservée des effets négatifs sur la santé. Comme l’explique le Comité Scientifique de l’ONU sur les Effets de la Radiation Atomique (UNSCEAR), « le faible impact attendu sur les taux de cancer de la population est largement le fruit des actions rapides de protection de la part des autorités japonaises suite à l’accident ».

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