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La libération provisoire de militants sahraouis prouve que « le dossier était vide »

le 19 avril 2011 à 12:19 

L’Association des amis de la RASD a affirmé lundi que les militants sahraouis libérés provisoirement jeudi dernier par le juge d’instruction chargé de Ain Sbaa (Casablanca) avaient passé « 18 mois (de prison) pour rien » car leur dossier était vide.

« 18 mois pour rien, 18 mois séparés de leur famille sans ressources, 18 mois où ils seront ballottés d’audience en audience à chaque fois reportées, car leur dossier est vide », souligne un communiqué de l’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD) en réaction à la libération provisoire de Ali Salem Tamek, Ibrahim Dahane et Ahmed Naciri. L’Association ajoute que « même la justice marocaine ne peut pas inventer des procédures à partir de rien ».

« Le seul intérêt de ces audiences auxquelles des observateurs étrangers assistaient était pour le pouvoir marocain de faire étalage de ses muscles », souligne l’AARASD. « Avocats en robe dans la salle du tribunal, foule à l’extérieur, tous chauffés à blanc et déchaînés contre l’insupportable présence des ennemis du royaume : familles sahraouies et observateurs étrangers », relève-t-elle dans ce sens.

Après avoir indiqué que « 140 Sahraouis restaient en prison à Salé, El Ayoun et Inezgane dont certains à l’isolement attendaient depuis novembre une hypothétique instruction », l’association rappelle que des familles sahraouies étaient toujours « en attente de nouvelles de leurs disparus, pour lesquels, 500 personnes n’ont jamais pu faire leur deuil ».

Le juge d’instruction chargé du complément d’enquête par le tribunal de première instance de Ain Sbaa (Casablanca) dans l’affaire des sept militants sahraouis des droits de l’homme avait ordonné jeudi dernier la mise en liberté provisoire de Ali Salem Tamek, Ibrahim Dahane et Ahmed Naciri. Les quatre autres militants sahraouis en l’occurrence Dégja Lachgar, Yahdih Tarouzi, Rachid Sghir et Saleh Labouihi bénéficiaient de la liberté provisoire tandis que les trois autres étaient en détention. Ils sont accusés d' »atteinte à la sécurité de l’Etat » pour avoir effectué du 26 septembre au 6 octobre 2009 une visite dans les camps de réfugiés sahraouis.

La décision a été prise après la demande présentée une semaine auparavant par trois membres du collectif d’avocats auprès du juge. Le tribunal de première instance d’Ain Sebaa avait ordonné le 11 février dernier un complément d’enquête avant de rendre son verdict. Le président du tribunal avait annoncé qu’il allait convoquer des membres des familles des Sahraouis jugés afin de les auditionner et de compléter le dossier avant de rendre son verdict. Ce dernier avait connu un premier report le 28 janvier dernier.

Le tribunal avait écouté entre le 14 et 15 janvier les plaidoiries de la défense, de la partie civile et l’audience des militants jugés qui ont duré plus de dix heures. Au cours des audiences, les trois militants sahraouis présents, Ali Salem Tamek, Brahim Dahan et Ahmed Naciri, avaient réaffirmé leur appartenance au Front Polisario et leur soutien à la lutte pour l’autodétermination du peuple sahraoui. Ils avaient également affirmé qu’ils luttaient pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental conformément aux résolutions des Nations unies et à la légalité internationale stipulant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Le tribunal avait reporté trois fois le procès, ce qui avait suscité la réaction de l’ONG Human Rights Watch qui avait publié un communiqué dans lequel elle avait appelé les autorités marocaines soit à garantir un procès équitable, soit à libérer les trois militants toujours en détention préventive. Les requêtes liées notamment aux conditions tendues du déroulement du procès, présentées le 7 janvier dernier par la défense des sept militants sahraouis avaient été refusées par le tribunal.

Le tribunal avait également refusé le 22 décembre dernier, la demande de la défense de faire bénéficier Ali Salem Tamek, Brahim Dahan et Ahmed Naciri d’une liberté provisoire. Avant leur transfèrement à la prison d’Oukacha (Casablanca) ils étaient en détention à Salé (près de Rabat).

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