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Qui succèdera à Strauss-Kahn à la tête du FMI ?

le 19 mai 2011 à 18:32 

Les spéculations se sont accélérées quant à la succession à la tête du FMI de Dominique Strauss-Kahn, après l’annonce ce matin de sa démission, suite à son inculpation et sa détention dans une prison de New-York pour une affaire de mœurs. Le désormais ex-patron du FMI a informé aujourd’hui le Conseil d’administration du Fonds de son intention de démissionner de son poste de directeur général avec effet immédiat ’, selon un communiqué de l’institution.

Le Conseil d’administration du FMI devra se prononcer sous peu sur la procédure pour la désignation d’un nouveau directeur général. Dans l’intervalle, M. John Lipsky continue d’assurer les fonctions de directeur général par intérim. Mais, depuis leur création, une règle informelle régit les nominations à la tête des deux institutions de Bretton Woods, qui veut qu’un Européen dirige le FMI tandis qu’un américain soit à la tête de la Banque mondiale.

Cette tradition est remise en cause avec la montée en puissance sur la scène économique internationale d’un grand nombre de pays émergents qui critiquent cette emprise que se partagent Européens et Américains à la tête de ces deux institutions internationales.

Dénonçant ce statu quo, les pays émergents soutiennent, en effet, que les candidats ne devaient pas être choisis en fonction de leur nationalité, un critère franchement discriminatoire, mais uniquement dans le cadre d’un processus ouvert basé sur les compétences et le mérite. Plusieurs de ces pays, dont notamment le Brésil, la Chine et la Turquie, se sont élevés cette semaine pour dire haut et fort qu’il était temps de mettre fin à ce ‘ gentleman’s agreement ’ qui dure depuis 65 années.

Lors des réunions semestrielles des institutions de Bretton Woods, le gouverneur de la Banque d’Algérie, M. Mohamed Laksaci, qui s’exprimait au nom du groupe de pays en développement qu’il représente au Comité Monétaire et Financier International (CMFI) du FMI, organe directeur du Fonds, avait appelé à plusieurs reprises à la mise en place d’un processus ouvert et transparent de sélection du directeur général, et l’engagement d’efforts plus décisifs pour prendre en charge les questions de diversité.  Mais pour maintenir ce privilège, les Européens prétendent que la crise de la dette et les problèmes budgétaires dans lesquels ils sont englués ont besoin d’un appui du FMI et qu’il faille garder, selon eux, un directeur général européen au moins pour les prochaines années.

La chancelière allemande, Angela Merkel, avait estimé que si les pays émergents pourraient prendre les rênes du FMI à moyen terme, le poste devrait toutefois être repris par un Européen pour le prochain mandat. Tandis que tout le monde s interroge sur le successeur de Strauss-Kahn à la tête de l’institution, plusieurs noms sont avancés parmi des financiers européens et de pays émergents.

A l’échelle européenne, les successeurs pressentis sont notamment la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, l’ancien patron de la Banque centrale allemande, Axel Weber, et le chef de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, tandis que l’argentier italien, Mario Draghi, avait exprimé son désintérêt pour ce poste.

Quant à la candidature du Britannique Gordon Brown, le premier-ministre David Cameron a écarté cette idée soulignant que quelqu’un qui ne savait pas que le Royaume-Uni avait un problème d’endettement n’est pas la personne indiquée pour avoir de responsabilité sur les finances mondiales.

Pour les pays émergents, il est avancé le nom de l’ancien ministre turc des Finances, Kemal Dervis, qui avait occupé, entre autres plusieurs hautes fonctions internationales, le poste de vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA au milieu des années 90, et ministre des Finances de son pays lorsque ce dernier traversait une grave crise financière.  Il est cité également les noms de M. Montek Singh Ahluwalia, vice-président de la Commission de planification de l’Inde, M. Tharman Shanmugaratnam, ministre des Finances de Singapour, qui avait assuré la présidence du comité financier du FMI lors de la réunion de printemps d’avril dernier.

Il y a également M. Trevor Manuel, Chef de la Commission Afrique du Sud de la planification nationale, à qui il est reconnu le mérite d’avoir réduit de moitié le niveau d’endettement de son pays et l’introduction d’une politique qui a contribué à surmonter la crise financière. Pour le think tank américain Brookings institution, « le traditionnel bloc transatlantique dans la nomination des patrons du FMI et de la BM est une erreur qui affaiblit les institutions financières internationales en sapant leur légitimité et leur efficacité ».

Pour ce prestigieux cercle de réflexion américain, c’est envoyer un autre signal que les « anciennes puissances » ne sont pas prêtes à accepter la nouvelle réalité économique, « où un partage équitable de la responsabilité internationale et du privilège entre les nouveaux et les anciens acteurs du monde économique et financier est la clé pour une gestion efficace des affaires mondiales »
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