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Algérie : Le canevas du colonialiste aigri

le 19 mai 2012 à 0:12 

Un journaliste du Monde du jeudi 17 mai a fait un article sur l’Algérie. Un journaliste, apparemment très perspicace, quand il s’agit de soulager sa déception et de contraindre son lecteur à son point de vue.

En le lisant on est amené, inévitablement, sur son terrain de prédilection, celui du colonialiste aigri qui ne cherche que ce qui peut conforter l’idée de «l’échec de la libération du pays» et l’image d’Algériens qui vivent dans un enfer à ciel ouvert. Son papier, construit sur le mode de l’analyse, est illustré par des «rencontres» très sélectionnées. Celles qui illustrent ses conclusions et son a priori. Il en trouve. En calquant sa démarche et en le plagiant quelque peu, pour profiter de son canevas, on se rend compte qu’il est possible de traiter de n’importe quel pays, selon le même système de données.

Pour faire simple, avec certaines adaptations, on peut remplacer l’Algérie par la France et savourer ce que cela peut donner. Manquent juste dans le paysage «les généraux et le DRS». On y va : Paris a échappé pour l’instant au syndrome grec et espagnol. Le régime organise des élections et arrive à maintenir la paix sociale. Il faut dire que l’année sera décisive, avec une succession difficile au sommet de l’État. L’un des candidats des deux partis du pouvoir l’emporte une nouvelle fois. À tous les niveaux, excepté les premiers cercles du pouvoir, les Français se montrent sans illusions sur les ratés d’une économie que tout prédisposait à l’aisance.

Eric, Sébastien, Jean-Paul, Maximilien, et tant d’autres se disent fatigués du système. Fatigués mais impuissants. Dans ce pays riche, ils enragent devant les licenciements, les fermetures d’usines et l’austérité prônée pour les plus démunis. Malgré de nombreux suicides et actes de désespoir dans tout le pays, la France a pu échapper au tsunami qui se lève en Europe du Sud. Pour l’instant, cette stratégie fonctionne. L’alternance traditionnelle a fonctionné.

Au pouvoir depuis l’après-Guerre mondiale, la droite-gauche se maintient. Les électeurs, comme d’habitude, ont choisi celui parmi ceux qu’ils connaissaient le mieux. A aussi contribué la lassitude de l’opinion, sans illusions sur la portée du changement. La jeunesse n’adhère plus aux dogmes du régime, surtout les moins de 30 ans «Pas de travail, pas de logements, pas d’espace pour s’exprimer, notre jeunesse n’a pas d’autre solution que de rêver de partir ou trafiquer, comme le font ses aînés», soupire un architecte d’une quarantaine d’années, inquiet de la désillusion ambiante. L’impression de gâchis est partout la même : on rencontre un pays résigné, un potentiel immense en banqueroute, une main-d’œuvre abondante mais désœuvrée.

La société n’avance plus, poursuit l’architecte, elle fait du surplace alors qu’on pourrait être un géant de l’Europe. Les idées sont là mais personne n’ose les mettre en pratique. Le nouveau président a promis des réformes mais un spécialiste du pays, un opposant notoire est sceptique : «Des réformes avec la même équipe ? Non merci !» Le système doit être changé du tout au tout, c’est le sentiment recueilli à travers les différentes discussions, car c’est le seul moyen pour avancer.

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