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Sommet franco-allemand : L’euro en sursis ?

le 19 août 2011 à 6:09 

Création d’un Eurogroupe-bis (gouvernement économique de la zone euro, dès septembre prochain sous la présidence de l’actuel président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy pour surveiller la œuvre du Pacte de stabilité et aller plus loin dans le fédéralisme), taxation des transactions financières pour limiter la spéculation, adoption de la règle d’or sur l’équilibre budgétaire avant l’été 2012, un équilibre que la France ne connaît plus depuis 35 ans, convergence fiscale, telle est la batterie des quatre mesures proposées par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à leurs 17 homologues européens pour sortir de la crise.

Ces mesures vont-elles suffire à résoudre et durablement la crise de la dette ? «C’est un coup d’épée dans l’eau», estiment analystes et investisseurs, déçus par le flou des 4 propositions et le «niet» des deux premières puissances économiques du continent à une proposition présentée par la Commission et certains pays comme une solution sine qua none pour revenir à la stabilité des marchés et juguler la crise : la création d’euro-obligations pour remplacer les bons de Trésor émis par chacun des 17 Etats membres de la zone euro.

Ces euro-obligations, une mutualisation des emprunts publics garantis par l’ensemble des Etats de la zone euro évoquée depuis la crise de 2008, permettraient aux pays les plus fragiles de s’endetter à moindre coût. Aujourd’hui, la rémunération exigée par les créanciers pour la dette grecque frise les 15% contre un peu plus de 2% pour les taux du bund, l’emprunt allemand à 10 ans. Les taux à 10 ans de l’Italie et de l’Espagne, deux pays dans le collimateur des marchés, sont eux proches de 5%.

«Les euro-obligations qui impliquerait un droit de regard de l’Union européenne sur les budgets nationaux, mettraient gravement en dangerles pays les mieux notés», leur rétorque Sarkozy. Merkel refuse de remettre la main à la poche pour gonfler le fonds de sauvetage européen de 440 à 1200 milliards d’euros et de voir la charge d’intérêts de la dette allemande augmenter de 47 milliards d’euros.

Résultat de ces mesures «à minima» : les Bourses baissent et une austérité accrue pour la Grèce, l’Espagne, l’Italie, le Portugal, l’Irlande est quasi inévitable. Selon le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, il serait très difficile pour l’euro de survivre sans la mise en place d’obligations émises en commun par les pays de la zone.

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