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Libye : Pourquoi tant d’incertitudes de la transition ?

le 19 septembre 2011 à 0:29 

La nouvelle Libye «unie et pas divisée», sentencieusement proclamée par Sarkozy lors de sa visite effectuée à Benghazi, est à l’épreuve des rivalités qui minent le mouvement insurrectionnel et retarde le déroulement du processus transitoire.

Des rivalités qui ont éclaté au grand jour avec la liquidation physique du général Abdel Fatah Younès et provoqué la dissolution de l’instance exécutive.

Au lendemain de l’entrée triomphale du duo franco-britannique et de la reconnaissance du CNT par l’Onu, la validation d’un gouvernement transitoire de 34 membres, incluant 2 femmes avec rang de ministre, continue de faire l’objet de dures tractations.

Peu avant l’annonce officielle, attendue avec force, le chef du CNT, Mustapha Abdeljalil, multiplie les contacts avec le chef de l’exécutif en charge des affaires internationales, Mahmoud Jibril, et les autres membres de l’exécutif. Pressenti pour rester à son poste, le Premier ministre libyen est assisté de Ali Tarhouni, chargé actuellement des Finances et du Pétrole, promu au poste de vice-président chargé des Finances et de l’Economie, alors que Oussama Al-Jouili et Abdel Rahmane Ben Yezza occuperont respectivement les portefeuilles stratégiques de la Défense et du Pétrole. La prise en main de la destinée de la nouvelle Libye par l’aile libérale et technocratique sera-t-elle bénie par les autres formations représentées au CNT ? La première incertitude met en jeu l’équilibre et la composition du nouvel exécutif emmené par Mahmoud Jibril, l’ennemi juré des Frères musulmans. C’est que les divisions perdurent.

La charge violente de l’un des leaders islamistes, le cheikh Ali Sallabi, a révélé l’étendue du marasme et de la contestation de la légitimité de Jibril et de Tarhouni accusés d’avoir «volé la révolution».

Entre la direction de l’exécutif du CNT et ceux qui se considèrent comme les dépositaires du combat sur le terrain, le fossé fait planer le risque d’implosion. Quelle place et quel rôle pour les islamistes dans le futur gouvernement transitoire ? L’équation paraît délicate. En attendant, bien sûr, le lancement du processus électoral et la rédaction de la nouvelle constitution, avec le concours des Nations Unies procédant à l’envoi d’une mission de 3 mois en Libye. L’avènement d’une assemblée constituante, avant la tenue des élections générales dans un an au plus tard, reste tributaire de la «libération totale» de la Libye par le CNT qui déclare contrôler 90% du territoire.

La seconde incertitude concerne la réalité du terrain qui met en cause l’effectivité du nouveau pouvoir qui peine à assurer la maîtrise totale du territoire. A Béni Walid, comme à Syrte, dans l’oasis de la poudrière de Djofra et à Sebha, l’esprit de résistance prévaut et force les combattants du CNT à des «replis tactiques» soutenus par l’Otan qui multiplie les bombardements.

La prise des bastions de Kadhafi est-elle une affaire de «quelques jours» ?

Difficile de l’affirmer. Mais, la volonté d’en finir rapidement avec l’ère Kadhafi coïncide avec le déplacement du président du CNT à New York pour assister aux travaux de l’assemblée générale de l’Onu et où il sera reçu par le président Obama pour conclure l’épisode de la transition libyenne.

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