Top

Tunisie : Université, front social, rien ne va plus

le 21 janvier 2012 à 10:00 

Les mouvements de protestation risquent de paralyser l’économie du pays et entraver le fonctionnement des services publics.

Cinq étudiantes ont entamé une grève de la faim hier mercredi à Tunis pour revendiquer le port du niqab durant les examens, faisant monter d’un cran la tension à l’université quand dans le même temps resurgit la contestation sociale en province.

La grève a été annoncée à la presse par Mohamed El Bakhti, porte-parole d’un groupe salafiste très actif à la Faculté des Lettres de la Manouba. Selon lui, les cinq étudiantes observeront une grève «illimitée» en dehors de la faculté, dans un «lieu privé sous surveillance médicale». Pendant ce temps, a-t-il ajouté, le groupe poursuivra son sit-in de protestation dans l’enceinte de l’établissement. Le doyen de cette faculté, Habib Kazdaghli, a indiqué mercredi à l’AFP qu’il allait demander l’évacuation du groupe de protestataires avant le démarrage des examens semestriels prévus le 24 janvier, soit avec trois semaines de retard.

Quatre cours ont été suspendus hier, des salafistes ayant voulu forcer l’entrée en salle de cours d’une étudiante en niqab, interdit par le conseil scientifique de la faculté. «Les conditions d’examens ne seront pas bonnes tant que ce groupe agira impunément sur le campus, perturbant le déroulement des épreuves par leurs discours, chants et appels à la prière par haut-parleurs», a noté le doyen. Ces partisans du niqab avaient occupé les locaux de la faculté, obligeant la direction de l’établissement à suspendre les cours du 6 décembre au 9 janvier.

Par ailleurs, la presse a fait état de violences à la faculté des Lettres de Sousse (140 km au sud-est de tunis) entre des étudiants islamistes et leurs camarades de gauche, ces derniers observant un sit-in pour réclamer une bourse. A Jendouba (nord-ouest de Tunis), l’une des nombreuses régions touchées par le chômage, où la contestation s’amplifie, trois gendarmes ont été blessés et leur véhicule endommagé mercredi par des pierres lancées par habitants, lorsqu’ils ont tenté de dégager une route bloquée par des lycéens en colère. D’autre part, plusieurs villes tunisiennes connaissent ces derniers jours des mouvements de protestation d’ordre social qui se sont transformés parfois en actes de saccage.

A Siliana, dans le centre du pays, plusieurs localités sont paralysées par un mouvement de grève générale. Les protestataires ont bloqué les accès avec des pneus et des barricades. Dans la région minière de Gafsa, une grève générale a été observée au niveau des établissements scolaires, des administrations et des institutions financières et des services. Le président tunisien avait appelé à un contrat social définissant les droits et devoirs de chacun qualifiant les mouvements de grève de «suicide collectif» qui compromet l’économie tunisienne rappelant que plus de 120 entreprises étrangères ont fermé leurs portes au moment ou les investissements étrangers et locaux enregistrent un recul.

Pour sa part, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a mis en garde contre la transformation de ces mouvements de protestation en des actes de pillage qui risquent d’entraver le fonctionnement des services publics.

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (17 votes, moyenne: 5,00 de 5)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom