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Air Algérie : La direction général n’est pas prêt de céder

le 21 juillet 2011 à 12:15 

Les négociations qui reprennent aujourd’hui vont être difficiles. La direction générale de la compagnie ne semble pas prête à faire des concessions. Dans une interview accordée, la veille de la rencontre, le Pdg d’Air Algérie a rejeté deux des revendications des salariés. C’est la colère.

«Les salariés qui ont entendu l’’information à la radio n’en revenaient pas ! Ils ne comprennent plus ce qui se passe et ce que veut l’administration», affirme Nazim Maiza, délégué du collectif. Ses autres collègues du collectif n’en savent pas plus que lui et la situation les surprend et les indigne tout au tant. En effet, dans une interview accordée hier à l’agence algérienne d’information, le Pdg d’Air Algérie a affirmé que les revendications du collectif d’être payé sur la base du référentiel du personnel navigant technique (pilotes et commandants de bord) et la création d’une direction autonome sont «irrecevables». Mohamed-Salah Boultif a expliqué son refus par le fait que la prochaine tripartite pourrait valider une augmentation du SNMG, ce qui se répercutera sur les salaires de base.

«Les indemnités pour les personnels de la compagnie sont plus importantes que le salaire de base. Si l’on appliquait un pourcentage de 106 %, l’augmentation atteindrait 300 %.» Réitérant sa proposition «très raisonnable » d’augmenter les salaires de tous les salariés de 20%, il a soutenu que le plus important pour lui est de maintenir l’équilibre financier de sa compagnie. «Je ne peux pas augmenter les salaires d’une catégorie déterminée au détriment des autres catégories. Sinon, ça va flamber !», a-t-il mis en garde, sousentendant l’effet de contagion que cela pourrait entraîner au sein de l’entreprise.

En outre, Mohamed-Salah Boultif a annoncé que d’ici à la fin 2011, la refonte des statuts des personnels et la hiérarchisation des salaires se poursuivront selon des ratios internationaux, ce qui pourrait se traduire par des augmentations. «Nous allons revoir le système des salaires en le comparant à ceux des compagnies de la dimension d’Air Algérie», a-t-il dit. Revenant sur la création d’une direction autonome du PNC, le Pdg d’Air Algérie a estimé que le personnel navigant commercial dépend de la direction des opérations aériennes et qu’une telle mesure pourrait provoquer «des situations conflictuelles». «D’ailleurs, un tel cas de figure n’est observé dans le règlement d’aucune compagnie aérienne», dira-t-il. L’amélioration des conditions socioprofessionnelles est l’unique revendication que la direction générale d’Air Algérie a acceptée de prendre en charge, a-t-il assuré.

La colère des salariés

Ces déclarations ont attisé la colère des salariés. Chefs de cabine, stewards et hôtesses estiment que Mohamed-Salah Boultif vient d’une compagnie (Tassili Airlines, ndlr) où les salaires du personnel navigant commercial dépassent largement les leurs. «A Tassili Airlines, un chef de cabine touche à partir de 1000 euros alors qu’un steward est payé à partir de 520 euros sans compter les primes. En plus, ce personnel a des horaires de travail nettement moins chargés. Ils font à peine la moitié de notre boulot !» Tenues lundi passé, les négociations ont été reportées à aujourd’hui pour donner plus de temps aux trois nouveaux membres de le commission chargée d’étudier le dossier et d’être au fait du règlement intérieur, explique Yacine Hamamouche, délégué du Collectif du PNC.

«Lors de la dernière rencontre, nous avons demandé à l’administration le droit de réserve et de se rencontrer trois fois par semaine pour travailler et clôturer le dossier avant la fin du mois, c’est-à-dire avant le Ramadan, pour gagner du temps.» Yacine Hamamouche indique encore que les débats avec la direction se baseront sur la plateforme de revendications signée par l’ancien Pdg de la compagnie. Le Collectif du PNC rappelle que la revalorisation des salaires n’est pas la principale revendication. Les salariés exigent la création d’une direction autonome et la reconnaissance du statut du personnel navigant commercial. «Avant d’entamer la grève, la direction d’Air Algérie nous a proposé les 20% d’augmentation et nous avons refusé. Il ne s’agit pas d’augmenter nos salaires mais de les revaloriser sur la base d’un statut de personnel navigant», explique Nazim Maïza.

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