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La Syrie connaîtra-t-elle le même sort que la Libye ?

le 21 septembre 2011 à 7:37 

«Les dirigeants syriens ont compris que, pour trouver une issue à la crise politique, il fallait unir toutes les forces politiques».

De Paris, l’arme de la «protection des civils» a été brandie par une coalition des forces laïques et démocratiques syriennes (CFLD), représentant une dizaine de partis et de personnalités acquis à l’alternative d’un Etat laïc. C’est sur le modèle de la fameuse résolution 1973 de l’ONU sur la Libye, vidée de sa substance et conçue comme un moyen de renversement du régime de Kadhafi, que les partisans syriens de l’ingérence tentent d’éluder la question épineuse de l’«intervention étrangère» qui ne fait pas consensus et jugée coûteuse pour leur communauté (chrétiens, kurdes notamment).

Le scénario libyen, fondamentalement légitimé par l’appel de la Ligue arabe, ne présente pas les mêmes caractéristiques en Syrie instruite du désastre de Tripoli et des enjeux réels de la guerre de conquête néo-coloniale. D’abord, l’opposition ne constitue pas un front uni sur cette question d’intervention étrangère réfutée, en Syrie, par la nouvelle coalition en formation, comprenant le Comité national pour le changement démocratique (CNCD), les partis libéraux de la «Déclaration de Damas» plaidant pour une ouverture politique, la confrérie des Frères musulmans et des islamistes indépendants.

Dans le même registre, l’opposition en Turquie, représentée par le «Conseil national» majoritairement islamiste et le «Conseil national de transition syrien» de l’universitaire en exil à Paris, Burhan Ghalioun, sont loin de soutenir une telle option largement favorisée par Washington et Paris totalement engagée dans la dynamique de contestation interne. Ensuite, le soutien sans réserve de l’allié russe, opposé au départ de Bachar El Assad et à toute résolution condamnant la répression menée par le régime syrienne, rend caduc le procédé interventionniste et conforte Bachar qui s’est félicité, en recevant une délégation de parlementaires russes, de la «position russe équilibrée et constructive, attachée à la sécurité et à la stabilité de la Syrie».

Opposé à la réédition du «scénario libyen en Syrie», le vice-président du conseil de la fédération (chambre haute), Ilias Oumakhanov, a souligné que «les dirigeants (syriens) ont compris que, pour trouver une issue à la crise politique, il fallait unir toutes les forces politiques». Une solution à la syrienne encore possible ? En fait, une ultime chance.

En marge de l’assemblée générale de l’ONU, le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov, a maintenu le cap, en réaffirmant que «la meilleure voie est un dialogue entre al-Assad et l’opposition syrienne».

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