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Robert Mugabe : de libérateur à dictateur, un classique du genre

le 22 novembre 2017 à 11:26 

Robert Mugabe, le plus vieux chef d’État en exercice de la planète, a été placé en détention par l’armée, après plus de trente-sept ans d’un pouvoir sans partage, et qui a ruiné son pays. Il est bien loin le héros de l’indépendance, accueilli en 1980 par son pays en liesse. Comme souvent hélas, on dirait presque deux hommes différents. Robert Mugabe, rejoint la longue liste de ces libérateurs devenus au fil du temps des dictateurs. Il confirme l’adage, qui prévient que « si le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument ».

Né le 21 février 1924 dans une mission catholique de Kutama (centre), Robert Gabriel Mugabe veut dans un premier temps devenir prêtre. C’est un élève studieux, qui finalement sera enseignant. Il est très vite confronté aux rudesses des pouvoirs forts dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Il fréquente l’université de Fort Hare, la seule ouverte aux noirs. Il est séduit par le marxisme, et se lance dans la lutte contre le pouvoir rhodésien, blanc et ségrégationniste. Cela lui vaut dix années de détention, durant lesquelles, il ne pourra même pas assister aux obsèques de son fils de 4 ans, que lui a donné sa première femme, Sally Hayfron, morte en 1992.

L’histoire prend alors la tournure d’un vrai « happy end » de film. Il est libéré, et il trouve refuge au Mozambique, d’où il prend la tête de la lutte armée, jusqu’à l’indépendance de son pays, et son arrivée au pouvoir. Ses premières mesures sont saluées par l’ensemble du monde, pour sa politique de réconciliation, au nom de l’unité du pays. Il déclare notamment, « vous étiez mes ennemis hier, vous êtes maintenant mes amis ». Sur le terrain, les choses avancent avec des nouveaux logements, des constructions d’écoles, de centres de santé plus accessible aux noirs.

Difficile de voir ou d’admettre, que l’inévitable se prépare, et que sans garde-fou, la soif de pouvoir va faire dégénérer les choses. En 1982, la répression militaire, qui se met en place dans la province « dissidente » du Matabeleland de son ancien allié pendant la guerre, Joshua Nkomo fait environ 20 000 morts.

A partir de là, ce sera un parcours classique de dictateurs avec une répression contre les opposants, la fraude électorale,, des décisions économiques erratiques, aux conséquences parfois catastrophiques, notamment une réforme agraire imposée de force. Martin Meredith, un de ces biographes explique, « Mugabe s’est maintenu au pouvoir en écrasant ses opposants, violant la justice, piétinant le droit à la propriété, réprimant la presse indépendante et truquant les élections ».

Le tout, sous les yeux du reste du monde, qui détourne le regard à la vue d’un pays, qui s’enfonce dans la misère, en attendant l’irréparable. En vieillissant, les choses ne s’arrangent pas. Il faut surtout compter sur une santé largement déclinante sur fond de cancer soigné à Singapour. La coupe va déborder, avec l’emprise grandissante de sa seconde épouse Grace, l’ancienne secrétaire particulièrement ambitieuse, qui obtient de son mari la tête de la vice-présidente, Joyce Mujuru, en 2014, puis celle du vice-président, Emmerson Mnangagawa.

Le président du Zimbabwe, a donc été écarté du pouvoir à 93 ans, après plus de 30 ans d’un règne sans partage, et au bout d’un parcours standard du parfait dictateur applicable à de nombreux pays.

Crédit photo : alkhaleej online

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