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Libye : Chômage et cherté de la vie inquiètent les Libyens

le 23 janvier 2012 à 18:21 

Les manifestants en colère face au siège du CNT

Les Libyens font face depuis des mois à une situation socio-économique très difficile due notamment au chômage, à la cherté de la vie et au manque persistant de liquidités dans les banques et les bureaux de poste.

Le manque de liquidités, dans un pays qui tente de se relever d’un conflit armé sanglant et coûteux, touche notamment la Banque centrale libyenne, devant laquelle se forment souvent de longues files d’attente de personnes venues dans l’espoir de retirer de l’argent.

« Ce problème continue de susciter chaque jour la colère des citoyens qui ne cessent de demander aux nouvelles autorités du pays le versement de leurs salaires pour subvenir à leurs besoins quotidiens », a indiqué un fonctionnaire du bureau de poste de Dohra, dans le centre de Tripoli.

Des dizaines d’anciens fonctionnaires ont d’ailleurs manifesté ces derniers jours devant le siège du gouvernement transitoire à Tripoli pour réclamer du travail et le versement de leurs salaires, a-t-il dit.

Les manifestants ont protesté également contre la hausse vertigineuse des prix de certains produits alimentaires, provoquée en partie par une perturbation dans la chaîne de distribution de ces produits, selon des commerçants de la capitale.

La même situation règne dans les autres villes du pays, « où les gens, notamment, les jeunes chômeurs réclament du travail et plus d’argent pour améliorer leur situation », a expliqué de son côté Ahmed Khlifa, chauffeur de taxi.

Lors d’une manifestation samedi devant le siège du Conseil national de transition à Benghazi, « des fonctionnaires ainsi que des enseignants ont demandé l’augmentation de leurs salaires jugés insuffisants en raison de la cherté de la vie », a ajouté Khlifa. Ce dernier s’est félicité d’autre part du retour au calme dans la capitale.

« La situation sécuritaire s’améliore du jour en jour mais le seul problème qui persiste encore c’est le chômage et le manque d’argent », a-t-il déploré.

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D’autres jeunes rencontrés à Sahat Al-Chouhada à Tripoli ont exprimé leur désarroi face à la précarité de leur situation sociale, lançant un appel aux nouvelles autorités du pays pour trouver des solutions à leurs problèmes.

« Maintenant que le pays est libéré, nous ne demandons à notre gouvernement de transition que de nous fournir du travail pour vivre dans la dignité, la stabilité et la liberté », a dit Hafedh, un Tripolitain âgé d’une vingtaine d’années.

Pour pallier à cette situation de crise, des responsables au ministère de l’Economie et du Commerce, examinent actuellement des propositions présentées par les différentes parties en charge de cette question lors d’une réunion tenue ce week-end à Tripoli, selon l’agence libyenne de presse.

Ces responsables ont attribué la hausse des prix et la rareté de certains produits alimentaires, comme la pomme de terre, les viandes, les œufs, l’huile, le sucre et la tomate « à plusieurs facteurs », notamment « des difficultés financières rencontrées par les sociétés d’importation et de distribution », selon l’agence.

Confronté à de vives critiques depuis des semaines pour « manque de transparence », le gouvernement de transition libyen dirigé par Abdel Rahim Al-Kib se penche actuellement sur les moyens d’apporter des solutions à plusieurs questions épineuses, comme le chômage qui frappe durement les jeunes dont nombre d’entre eux détiennent toujours des armes utilisées lors du soulèvement contre le régime du colonel Kadhafi.

Le gouvernement de transition avait déjà décidé d’accorder des salaires mensuels de plus de 600 dinars libyens aux ex-rebelles désirant intégrer les forces du ministère de la Défense, a rappelé l’agence libyenne.

Par cette décision, les nouvelles autorités libyennes veulent atténuer un tant soit peu le chômage, mais surtout récupérer les armes toujours en circulation dans les différentes villes du pays, où tous les secteurs sont en train de se restructurer, quatre mois après le conflit armé ayant causé d’énormes dégâts humains et matériels.

Dans son rapport sur les perspectives économiques de la région MENA, publié en octobre 2011, le Fonds monétaire international (FMI) avait estimé que le PIB de la Libye devrait baisser de plus de 50% en 2011, sachant que 70% de son économie dépend du pétrole.

Plusieurs installations pétrolières ont subi des dommages durant la guerre. La production pétrolière libyenne a baissé à 400.000 barils/jour contre une production d’avant-guerre de 1,65 million de barils/jour. Selon des prévisions du FMI, la production de pétrole libyenne ne reviendrait à son niveau d’avant le conflit qu’au courant du second semestre de 2012.

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