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Sahara Occidental: des militants français des droits de l’homme dénoncent la position de leur pays

le 23 avril 2011 à 18:56 

Des militants français des droits de l’homme ont fustigé, samedi dans un camp de réfugiés sahraoui, la position de la France sur la question sahraouie, dénonçant en particulier son « parti pris pour le Maroc ».

Venus en délégation s’enquérir de la situation dans les camps de réfugiés sahraouis, près de Tindouf, où ils ont eu à déplorer les conditions difficiles dans lesquels vivent les populations, les militants français ont, par la même occasion, critiqué l' »entêtement de l’Etat français à soutenir les Marocains dans la colonisation d’une terre qui n’est pas la leur ». « La France n’est pas pour les droits de l’homme, même si au niveau international elle essaie de démontrer le contraire. La France est plutôt pour le droit de l’argent et de l’économie », a déclaré, Mireille Mavrides, élue du parti communiste français et présidente du Comité femmes solidaires de Marseille.

Elle a affiché clairement son opposition à la position française qu’elle qualifie de « scandaleuse » et déclare: « Je suis contre la position de la France qui soutient fermement la position marocaine. Le peuple sahraoui a le droit à l’autodétermination et c’est un droit international et inaliénable ».

L’élue communiste a tenu à préciser que son parti soutenait vivement la cause sahraouie car, a-t-elle souligné, « c’est une cause juste que nous devons défendre notamment dans son volet de droit de l’homme qui est actuellement bafoué ».

Mme Mavrides, qui visite pour la première fois les camps de réfugiés sahraouis, a fait part de son « entière disposition », une fois rentrée au pays, à faire entendre la voix des Sahraouis en général et de la femme sahraouie en particulier, à travers des conférences au sein du parti et dans la société civile.

« Ce sont des gens qui ont été spolié de leurs droits. Ils n’ont pas le droit d’exister. Ce sont des gens déracinés de leur pays. Nous devons les aider et faire également entendre notre voix au niveau des Nations unies », a-t-elle conclu.

De son côté, la présidente de la commission arabe des droits humains en France et docteur en psychologie, Mme Violette Daguerre qui visite, elle aussi, pour la première fois les camps des réfugiés, a déploré les conditions « inhumaines » de vie qui y règnent.

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« Je suis choquée de voir qu’il y a encore des gens qui vivent dans ces conditions pour des intérêts politiques et économiques au détriment de tout un peuple », a-t-elle déploré, estimant que « nul n’a le droit de laisser un peuple dans des conditions aussi difficiles, alors qu’il ne demande que son indépendance ».

Elle n’a pas manqué, elle non plus, de s’attaquer à la position française qu’elle juge « inadmissible », tout en soutenant que la position de l’Etat français vis-à-vis du conflit sahraoui « est loin de refléter la position du peuple de France ».

« Les droits de l’homme ne se trouvent pas au niveau du gouvernement mais au sein de la société civile », a-t-elle dit.

« Le souci des grandes puissances est plutôt économique, stratégique et politique et vont là où les mènent leurs intérêts. Je pense aussi qu’il y a une contradiction entre soumettre un peuple à des conditions de vie difficiles et dans le même temps, dire qu’on est en train de défendre les droits de l’homme ». a dit Mme Daguerre.

Dans ce cadre, elle a appelé les militants français des droits de l’homme à sensibiliser et à informer encore plus le monde. « Nous ne sommes pas ici pour faire les touristes, nous sommes là pour dénoncer et dire ce que nous voyons notamment en matière de conditions de vie difficiles que vivent les Sahraouis » a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, l’universitaire en sciences politiques et relations internationales, Ismaïl Debeche, a estimé que la mission de la Minurso est de défendre et surveiller les droits de l’homme sahraoui et non seulement de tenter d’organiser un référendum d’autodetermination.

Ce fervent défenseur des droits sahraouis a qualifié la mission des Nations unies au Sahara occidental d’échec dans la mesure où elle tarde, a-t-il dit, à instaurer le mécanisme de défense des droits de l’homme des Sahraouis, estimant que « si les autorités marocaines n’avaient rien à cacher, elles auraient été les premières à en demander la mise en place ».

« Il n’est pas normal que l’ONU parle de droits de l’homme à l’échelle internationale au moment où elle les occulte avec le peuple sahraoui. C’est inacceptable », a-t-il déploré, exprimant son voeu de voir cette institution répondre à l’appel des Sahraouis pour l’élargissement de la mission de la Minurso en matière de droits de l’homme.

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