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Syrie : la communauté internationale appelle au dialogue

le 23 avril 2011 à 18:58 

La communauté internationale a appelé samedi les autorités syriennes à la mise en oeuvre rapide de réformes afin de « répondre aux aspirations légitimes du peuple syrien », tout en dénonçant les violences survenues lors des manifestations de vendredi, au cours desquelles des dizaines de personnes ont été tuées.

Des manifestations antigouvernementales se sont poursuivies vendredi dans différentes villes pour protester réclamer des réformes dans le pays.

Selon des médias locaux, plus de 70 personnes ont été tuées lors de la dispersion de manifestants, alors que des militants des droits de l’Homme ont fait état de plus de 80 morts, tout avertissant que le bilan risquait encore de s’alourdir. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon a vivement réagi à ces incidents, en appelant à « l’arrêt immédiat » des violences et à l’ouverture du dialogue entre toutes les parties.

« Ce n’est qu’à travers un dialogue large et la mise en pratique effective de réformes que l’on peut répondre aux aspirations légitimes du peuple syrien et assurer la paix et l’ordre dans la société », a souligné M. Ban. Les Etats-Unis ont de leur côté dénoncé « l’usage de la force par le gouvernement syrien contre les manifestants », en soulignant la nécessité de mettre en oeuvres de « réformes sérieuses ».

Depuis que les mouvements de protestation ont commencé il y a deux mois en Syrie, « les Etats-Unis ont encouragé à plusieurs reprises le président Al-Assad et le gouvernement syrien à mettre en oeuvre des réformes sérieuses », a ajouté M. Obama.

La Russie a fait part de son inquiétude concernant la situation en Syrie, en appelant à accélérer la mise en oeuvre des réformes annoncées par les autorités de ce pays.

« Nous sommes fermement convaincus que seuls un dialogue constructif et une accélération des réformes politiques, sociales et économiques de grande ampleur telles qu’exposées par la direction syrienne peuvent permettre un développement stable et démocratique », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Pour sa part, l’Italie a annoncé qu’elle suivait avec préoccupation les développements de la situation en Syrie et a « condamne fermement la répression violente contre les manifestants ».

« Nous invitons toutes les parties au calme et à la retenue et nous lançons un appel sincère aux autorités syriennes pour mettre en oeuvre rapidement les réformes annoncées », a souligné le ministère ministère italien des Affaires étrangères.

La Grèce a appellé de son côté à la retenue et à « l’application des reformes adéquates au profit du peuple syrien et de la stabilité du pays ». La journée de vendredi a vu des milliers de personnes défiler dans les rues de principales villes de Syrie en faveur des libertés et des réformes.

Environ 10.000 personnes ont manifesté à Banias (nord-ouest) et près de 3.000 personnes ont défilé à Zabadani, une localité à 50 km au nord-ouest de Damas. Selon l’agence officielle Sana, les forces de l’ordre sont intervenues avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau seulement pour empêcher des heurts « entre certains manifestants et citoyens », et « pour protéger des biens privés ».

Ces manifestations anti-gouvernementales interviennent en dépit de l’approbation par le président syrien Bachar Al-Assad d’un décret prévoyant la levée de l’état d’urgence dans le pays, en vigueur depuis 1963. La levée de l’état d’urgence était l’une des principales revendications des opposants au début de la contestation, mais ils réclament désormais aussi des réformes démocratiques, la libération des détenus politiques. Le président syrien Bachar Al-Assad a promulgué jeudi un décret levant l’état d’urgence et allégé le dispositif sécuritaire dans le pays, une décision qui a été saluée par plusieurs pays ainsi que par des ONG.

M. Al-Assad avait également promis une loi autorisant les manifestations qui « protège les biens privés et publics de tout acte de sabotage », et assuré qu’une nouvelle loi sur la presse était « presque prête ». Selon lui, « cette série de réformes (…) élargira les libertés ».

Un nouveau gouvernement a été formé récemment, dirigé par Adel Safar, en succession à celui de Nadji El-Atri, qui a démissionné le 29 mars dernier, dans la foulée du mouvement de contestation populaire. Le nouveau cabinet est chargée notamment de mener à bien le programme de réformes annoncé par les autorités.

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