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Syrie: plus de 112 morts et des centaines de blessés

le 23 avril 2011 à 23:18 

Tel est le bilan du massacre perpétré vendredi lors de la dispersion des manifestations hostiles au régime dans plusieurs villes en Syrie où la contestation s’amplifie, malgré la levée de l’état d’urgence depuis jeudi.

Comme si ce triste bilan «provisoire» ne suffisait pas pour mettre Damas dos au mur, deux députés indépendants de la ville de Derra (Sud), Nasser Hariri et Khalil Rifaï, ont claqué la porte du Parlement pour protester contre cette répression et avouer leur impuissance à protéger les gens qui les ont élus. De Washington à Moscou en passant par Bruxelles, les Occidentaux ont condamné «dans les termes les plus forts» cette «aveugle et brutale» répression. Certains avec indignation. Tous appellent Damas à renoncer à l’usage de la force et à mettre en œuvre les réformes politiques et économiques annoncée.

«Ces violences démontrent que l’annonce par le régime de la levée de l’état d’urgence n’était pas sérieuse», affirme le président américain accusant Damas de chercher l’aide de Téhéran pour réprimer son peuple avec «les mêmes tactiques brutales que celles qui sont utilisées par ses alliés iraniens». Londres, Paris, Rome ne font pas dans la demi-mesure. Elles estiment que les responsables et les auteurs de ces «meurtres» doivent répondre de leurs actes après une «enquête indépendante, transparente et efficace».

Moscou qui se dit «inquiète» pour les «victimes» innocentes» demande à son interlocuteur privilégié au Moyen-Orient d’accélérer ses réformes politiques et d’opter pour la retenue et un dialogue constructif avec son opposition.

Dans la rue arabe, une question commence à se poser : cinq semaines après les troubles qui prennent de l’épaisseur dans tout le pays, le Président Bachar el-Assad sera-t-il évincé du pouvoir par la force comme ses homologues tunisien et égyptien, enclin à donner un coup d’accélérateur aux réformes politiques ou va-t-il réfuter les «pressions» et autres «déclarations» de ses partenaires étrangers pour «manque d’objectivité» et de «vision des faits réels» et continuer à qualifier les émeutes antigouvernementales dans les villes de Homs (centre-ouest) et de Banias (nord-ouest) de «rébellion armée» salafiste ?

De la réponse qui sera apportée à cette question dépendra l’avenir de la Syrie, un pays multiethnique, multiconfessionnel et institutionnellement fragile. Au grand dam d’Israël qui craint un gouvernement à Damas plus agressif sur le retour du Plateau du Golan occupé, de l’Arabie Saoudite qui est opposée, par principe, à la démocratie, les événements actuels «pourraient dégénérer en guerre civile», avertit le sénateur russe, Mikhaïl Marguelov.

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