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Question libyenne : L’après-Kadhafi ou l’autre bataille d’El-Alamein

le 23 août 2011 à 6:33 

L’après-Kadhafi s’annonce sanglant en Libye et extrêmement rude au plan diplomatique. Le Conseil national de transition, composite, hybride était cimenté par le seul ennemi commun, l’ennemi à éliminer, Kadhafi.

Désormais les dissensions, immenses, criantes, béantes se font jour et iront crescendo. Pro-Américains, pro-Otan, pro-Français, Pro-Turcs, pro-Russes se livrent, déjà, une féroce bataille diplomatico-médiatique. Abdesselam Jalloud, ex-n°2 du régime libyen, de la grande tribu des Grarha, personnage-clé, semble opter pour l’alliance avec les USA via l’Italie et Berlusconi. Ce qui déplaît énormément à l’Elysée qui ne veut pas perdre les immenses investissements militaires et guerriers consentis depuis plus de six mois en Tripolitaine et en Cyrénaïque. Abdouljalil, président du CNT, homme de la France, ne paraît pas en mesure de tenir outre mesure aux immenses lobbies qui gravitent autour et dans cette structure dite de transition. Ex-ministre de la Justice de Gueddafi, Abdouljalil a eu à «gérer» de façon atroce mais assumée le procès des infirmières bulgares. Ce qui le discrédite pour longtemps sinon pour toujours.

Les Anglais, perfides et avisés, jouent la carte américaine tout en préservant leurs arrières en ne s’opposant pas, frontalement, aux projets russe, sud-africain et turc. Hilary Clinton, relex d’Obama et de fait numéro 2 de l’establishment, ne voit pas d’un mauvais œil l’intrusion d’autres puissances autres que la France en Libye. Pour Paris, la Libye de demain —demain c’est, déjà, aujourd’hui — doit devenir le centre opérationnel, le poste avancé dans cet immense désert, riche et stratégique… L’Elysée veut piéger, du moins isoler, en attendant de voir, l’Algérie. L’après- Kadhafi est une vraie aubaine pour Sarkozy dans ce sens. Les autres ne sont pas sur la même analyse. Rasmussen (Otan), Catherine Ashton, diplomatie européenne, M. Barroso, Commission européenne, et Van Rompuy, président du Conseil de l’UE, se contenteront de l’élimination d’un trouble-fête, d’un dictateur imprévoyant, imprévisible et indocile.

Une Libye pacifiée, aux ongles coupés, sage et bonne pourvoyeuse de gaz et d’énergie, suffit à leur bonheur. Les USA n’ont pas encore tout dévoilé de leur plan. En Libye ou ailleurs. Attendons pour voir. En interne, il est évident que la Libye n’est pas sortie de l’auberge. Elle n’y est pas même entrée. Hier, à Bruxelles, le secrétaire général de l’Otan a parlé concernant la Libye non pas de démocratie, de droits de l’homme, de libertés mais, simplement, de nouvelle ère. Lors de la Seconde Guerre mondiale une fabuleuse bataille dite de El- Alamein opposa les armées allemandes dirigées par Rommel, le renard du désert, et le général Montgomery. El-Alamein c’était la Libye, la frontière avec l’Egypte. El-Alamein veut dire les deux mondes. Exactement comme présentement. La bataille d’El Alamein constitua un tournant pour l’issue de la Seconde Guerre mondiale. La Libye ayant été une grande erreur stratégique commise par le commandement allemand. Contre l’avis de Rommel, le Renard du désert.

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