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La Turquie menace de riposter contre la France

le 25 janvier 2012 à 5:29 

Après le Parlement français qui a voté il y a quelques semaines la proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien, c’était lundi au Sénat d’avaliser à son tour.

Ce vote de confirmation n’est certes pas une surprise mais il va à l’encontre des réclamations d’Ankara qui demandait un abandon de cette loi. Une loi qui a ulcéré au plus haut point les autorités turques qui n’ont pas hésité à se montrer très dure envers Paris et à faire entendre leur mécontentement. De nombreuses représailles avaient d’ailleurs été décidées par le Premier ministre turc à l’encontre de ses alliés français. Or, la confirmation du Sénat finit par porter à son paroxysme l’exaspération turque. Ainsi, Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié de «raciste» le texte de loi adopté la veille par le Sénat français pénalisant la négation du génocide arménien, sans cependant annoncer de riposte concrète dans l’attente de sa promulgation par Nicolas Sarkozy.

«La proposition (de loi) adoptée en France est ouvertement discriminatoire et raciste», a-t-il dit au Parlement devant les députés du Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste). Erdogan a affirmé que cette loi est «entièrement nulle et non avenue» pour la Turquie et assuré que son pays imposera «étape par étape» les sanctions qu’elle a prévues contre la France, «sans nulle façon de faire marche arrière». «Nous allons annoncer notre plan d’action en fonction des développements», a-t-il prévenu, affirmant que la «Turquie est encore dans une période de patience».

Nicolas Sarkozy, qui a voulu ce texte de loi, provoquant une grave crise entre Ankara et Paris, a en principe 15 jours pour le promulguer. Et visiblement au vu de la situation actuelle sauf surprise majeure, Sarkozy devrait le faire et risquer du même coup un gel à long terme des relations avec la Turquie, allié pourtant important de la France sur de nombreux fronts. Ankara était par exemple un solide allié de Paris dans sa tentative de dialogue avec Damas. Mais aujourd’hui après les derniers «incidents» qui ont opposé les deux nations, il est plus qu’incertain que la collaboration sur ce dossier, pourtant essentiel pour Paris, perdure. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères et en première ligne sur le dossier syrien a d’ailleurs à sa façon tenté de calmer le jeu en demandant à la Turquie de garder son «sang-froid».

«Je voudrais appeler nos amis turcs au sang-froid» et tendre «la main» à ce – «grand pays, cette grande puissance économique, politique», a-t-il ainsi déclaré à la télévision française. Mais le mal est déjà fait et, mis à part une rétraction peu probable de Sarkozy, il est assez difficile d’envisager comment la situation pourrait se détendre entre les deux gouvernements. Il est pourtant étonnant que la France qui ne brille plus sur la scène internationale depuis quelques années déjà fasse ce type de manœuvre qui risque de créer des tensions inutiles et contreproductives avec un pays qui lui au contraire gagne chaque jour en poids et en influence.

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