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Yémen : Le président face à un chef tribal

le 25 mai 2011 à 13:52 

De violents affrontements opposaient, ce mercredi matin à Sanaâ, les forces du président contesté, Ali Abdallah Saleh, aux partisans d’un chef tribal rallié à l’opposition, qui ont pris le contrôle de l’agence officielle de presse, Saba.

Les combats entre les partisans de cheikh Sadek al-Ahmar, le chef tribal le plus puissant du Yémen, et les forces encore fidèles au chef de l’Etat, ont fait au moins 44 morts depuis leur déclenchement, avant-hier lundi. D’intenses échanges de tirs ont éclaté en milieu de matinée dans le quartier al-Hasaba, au nord de Sanaâ Les hostilités avaient cessé tard dans la nuit, à la suite d’un appel du président Saleh, qui a demandé à ses troupes d’observer un cessez-le-feu et aux partisans de cheikh al-Ahmar de se retirer des bâtiments publics dont ils ont pris le contrôle. M. Saleh a sommé cheikh al-Ahmar de «retirer ses hommes armés des bâtiments et établissements publics dont ils ont pris le contrôle, après les avoir attaqués», selon les médias officiels.

Outre l’agence SABA, les hommes de cheikh al-Ahmar ont également pris le contrôle de la compagnie nationale aérienne Yemenia et ont tenté d’occuper le siège du ministère de l’Intérieur, ont indiqué un haut responsable qui a requis l’anonymat et des témoins. «Des hommes armés ont fait irruption dans la nuit dans les locaux de SABA et voulaient rentrer chez nous», a déclaré à l’AFP un journaliste de l’agence, qui a requis l’anonymat. Les établissements sous contrôle des partisans de cheikh al-Ahmar sont situés dans le quartier al-Hasaba, où se trouve aussi la résidence de ce chef tribal. Les accès au quartier étaient fermés par des blocs de pierre et des pneus. «Si les hommes de cheikh al-Ahmar ne se retirent pas aujourd’hui des bâtiments qu’ils contrôlent, nous allons les obliger à le faire», a déclaré un haut responsable yéménite, qui a requis l’anonymat.

Les affrontements ont éclaté lundi au lendemain du refus du président Ali Abdallah Saleh de signer un accord sur une transition pacifique du pouvoir, malgré les fortes pressions locales et internationales. Trente-huit personnes avaient été tuées, mardi, dont 24 partisans du chef al-Ahmar, parmi eux trois dignitaires tribaux. En outre, 14 soldats ont été tués et deux autres sont portés disparus, selon le ministère de la Défense. En soirée, quatre obus s’étaient abattus sur le périmètre du ministère de l’Intérieur, selon des témoins, alors que la résidence de cheikh al-Ahmar avait été touchée, peu auparavant, par un missile, faisant plusieurs morts et blessés selon une source tribale.

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