Top

Après la chute de Moubarak : Tout n’est pas clair en Egypte

le 25 juin 2011 à 16:04 

Des hommes de toutes conditions, des femmes au foyer, des retraités, des chômeurs, des artistes, toutes les couches de la société viendront simultanément se fondre dans l’immense creuset de la place Tahrir.

Les mêmes causes engendrant les mêmes effets, la révolte tunisienne amplifiée par les réseaux sociaux et les médias du monde entier n’a évidemment pas tardé à faire des émules en Egypte, au bord du Nil où le pouvoir était en fin de règne en plus d’une colère grandissante. Chômage endémique, précarité, surpopulation, un parti présidentiel et des moukhabarate omniprésents de… l’Etat, un rais de 81 ans à la tête du pays depuis 32 ans qui refuse obstinément toute ouverture et qui ne veut céder son fauteuil qu’à son fils à la manière des Assad en Syrie, ajoutez à cela une corruption généralisée et les détournements effarants de l’argent public au plus haut niveau de l’Etat et vous comprendrez les raisons qui ont conduit les Egyptiens à se soulever et à braver les chars de Moubarak. La place Tahrir au Caire deviendra en quelques jours, le point de ralliement de tous les insurgés.

Des hommes de toutes conditions, des femmes au foyer, des retraités, des chômeurs, des artistes, toutes les couches de la société viendront simultanément se fondre dans l’immense creuset de cette place pendant des semaines pour réclamer inlassablement le départ du Président et de sa famille. Là encore, le vieux raïs ne verra rien venir. Croyant à une protesta classique qu’il a pour habitude de charger et de disperser, il fera donner de la troupe. La violence est terrible. Les morts se comptent par dizaines, puis par centaines. Les insurgés tiennent bon, ne lâchent pas prise. Le peuple n’a qu’une seule revendication à la bouche «Moubarak dégage» comme en Tunisie l’armée assurera un minimum d’ordre sans prendre position.

Gardienne des institutions, la seule force encore encadrée dans le pays évitera de prendre parti pour un camp ou pour un autre et de se piéger, étant persuadée qu’elle jouait là une partie très serrée pour son avenir. Même si aujourd’hui, tout n’est pas clair au pays des pharaons, que des batailles souterraines se déroulent actuellement à la périphérie du pouvoir, que l’horizon politique est encore brouillé, voire incertain, que le problème de l’emploi n’a pas été réglé, que la corruption n’a pas encore tiré sa révérence et que le niveau de vie s’est même dégradé, la révolution égyptienne a eu néanmoins le mérite de mettre fin au régime solitaire de Moubarak de geler ses avoirs, ainsi que ceux de son épouse et de ses deux enfants, d’arrêter des prédateurs tels que le ministre de l’Intérieur et un certain nombre d’hommes d’affaires, qui ont littéralement grugé les finances publiques.

Elle a eu enfin le mérite de ne pas se laisser confisquer par des aventuriers dont la seule ambition est leur carrière politique. Amr Moussa, l’ex-secrétaire général de la Ligue arabe a beau marcher aux côtés des manifestants et haranguer les foules et Mohamed Baradei pavoiser au milieu de la place Tahrir, ils n’ont eu droit qu’à des applaudissements de courtoisie.

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom