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Libye: Le bureau de Kadhafi bombardé

le 26 avril 2011 à 13:03 

Le régime libyen a subi hier un affront symbolique : une frappe aérienne de l’Otan a complètement détruit le bureau du colonel Mouammar Kadhafi à Tripoli, au moment où les rebelles marquaient une nette avancée à Misrata, théâtre de violents combats depuis des semaines.

Le bureau de Mouammar Kadhafi, situé dans son immense résidence du secteur de Bab Al-Aziziya, a été totalement détruit par une frappe aérienne de l’Otan, selon un journaliste de l’AFP. Des détonations, les plus fortes ayant secoué la capitale jusqu’à présent, ont été ressenties hier vers 00h10 locale (22h10 GMT dimanche) tandis que des avions survolaient la ville, cible depuis vendredi de raids intensifs de l’Otan. Seïf Al-Islam, fils du colonel Kadhafi, a dénoncé une «attaque lâche» sur le bureau de son père. Cela «peut faire peur ou terroriser les enfants mais nous n’abandonnons pas la bataille et nous n’avons pas peur», a-t-il dit dans une brève déclaration à sa chaîne de télévision Allibiya, affirmant que la bataille engagée par l’Otan en Libye était «perdue d’avance».

Trois heures après le bombardement, de la fumée s’échappait toujours d’une partie du bâtiment détruit, où des dizaines de curieux et de partisans du régime se sont rassemblés dans la nuit, scandant des slogans à la gloire du colonel Kadhafi. Une salle de réunions, en face du bureau du dirigeant libyen, a été touchée par le souffle de l’explosion. Le Koweït a en revanche accordé une aide financière de 50 millions de dinars (180 millions de dollars) à la rébellion, selon le président du Conseil national de transition instauré par l’opposition à Benghazi. A Misrata, à 200 km à l’est de Tripoli, le calme semblait régner hier matin après d’intenses combats qui ont permis aux rebelles de gagner du terrain.

Dans la nuit, la ville avait été pendant plusieurs heures la cible de tirs d’artillerie qui ont provoqué des explosions plus violentes que d’habitude. Une douzaine de personnes ont été tuées et une vingtaine d’autres blessées dans ces bombardements nocturnes, tous des civils, hommes, femmes et enfants en bas âge, selon des sources dans différents hôpitaux. Le Dr Mohamed Alfagieh, qui dirige l’hôpital Mujamaa Tiby, a évoqué «des cadavres totalement carbonisés dont on n’est pas sûr que certains sont des corps humains tellement ils sont brûlés». Les roquettes sont tombées au hasard, sur des habitations mais aussi sur un cimetière, éventrant des tombes, selon des journalistes de l’AFP.

Hier matin, dans une mosquée, un muezzin chantait en continu «Dieu est grand, il est mon seul guide». «Il chante depuis des heures pour apaiser les gens», a expliqué à l’AFP Seilam Naas, 55 ans, un habitant du quartier de Kharouba, qui a perdu deux cousins en 48 heures, l’un tué par un tireur embusqué, l’autre par une roquette. Samedi, le régime avait annoncé une suspension des opérations à Misrata, ville rebelle assiégée depuis deux mois et où la situation humanitaire devient de plus en plus inquiétante. Selon le vice-ministre libyen des Affaires étrangères, Khaled Kaïm, il s’agissait de permettre aux tribus locales de trouver une solution pacifique dans un délai de 48 heures. Une nette avancée des rebelles a permis dimanche de libérer des habitants enfermés chez eux depuis parfois plusieurs dizaines de jours, à cause des tireurs embusqués qui abattaient tous ceux qui tentaient de sortir.

Plus à l’ouest, les forces loyales au colonel Kadhafi ont bombardé dimanche après-midi des zones proches du poste-frontière de Dehiba, à la frontière avec la Tunisie, pour tenter de reprendre la ville de Wazzan, selon des témoignages recueillis par l’AFP. La principale ville de cette zone de montagnes principalement rebelle, Zenten, à 145 km au sud-ouest de Tripoli, a été la cible dimanche soir de tirs de roquettes Grad des pro-Kadhafi, qui ont fait quatre morts et neuf blessés, selon des habitants.

Depuis quelques semaines, les habitants signalent une recrudescence des combats dans cette région, avec des tentatives des forces loyalistes de couper les communications entre les localités de cette région à majorité amazighe (berbère) qui s’est soulevée dès le début de la révolte contre le régime à la mi-février.

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