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Gaz de schiste : la France dans le flou, les Etats-Unis en tête

le 27 novembre 2013 à 9:43 

198734_vignette_193279-exploration-gaz-schiste-farnham-2009« Coté de l’Atlantique où tu vas, politique énergétique que tu trouves ». Telle pourrait être la maxime qui résume les annonces liées à la géopolitique de l’énergie de cette deuxième semaine d’octobre. Des annonces qui sont complètement opposées, autant sur la forme que sur le fond, ce qui laisse un peu perplexe lorsqu’on n’a pas tous les éléments pour les comprendre. Pourquoi les Etats-Unis trouvent leur bonheur dans le gaz de schiste alors que la France met tous ses efforts pour le fuir ?

La technique de fracturation hydraulique au centre du problème

La technique de fracturation hydraulique dont on parle tant consiste à envoyer, sous-terre, d’énormes quantité d’eau mélangée à des produits chimiques dans le bit de « fracturer » la roche de schiste et libérer le gaz et l’huile qu’elle contient. Le schiste est une roche poreuse et les hydrocarbures sont stockés dans des petites poches qu’il faut ouvrir, faute de quoi l’extraction est impossible.

Cette technique est dite « non conventionnelle » car elle s’oppose à la technique classique qui consiste à pomper les hydrocarbures dans les gisements, pétroliers ou gaziers. Par extension et abus de langage on parle alors, pour le gaz de schiste, d’hydrocarbures non conventionnels même si en réalité les hydrocarbures sont exactement de la même nature que ceux des gisements conventionnels.

La technique de fracturation hydraulique comporte toutefois quelques problèmes environnementaux ce qui alimente le débat entre les anti gaz de schiste et les pro gaz de schiste. Des deux côtés le lobbying est fort avec des études contradictoires menées dans chacun des camps. Et les arguments se compensent : les anti gaz de schiste mettent en avant l’environnement et les risques de l’extraction, les pro gaz de schiste mettent en avant les retombées économiques et industrielles de l’exploitation. Un débat de sourds, en somme, où tout le monde a raison et tout le monde a tort, selon le coté dans lequel on se trouve.

La France n’aime pas les gaz de schiste

En France, le débat a été tranché le 13 juillet 2011 lorsque sous le gouvernement Fillon la technique de fracturation hydraulique est interdite. Une décision forte soutenue par le principe de précaution visant à minimiser les risques écologiques de l’exploitation de ce type d’hydrocarbures. L’industrie pétrolière n’avait pu que se plier à cette décision même si elle a continué le débat et a tenté de faire revenir les politiques sur leur décision.

La compagnie pétrolière Schuepbach avait même, en janvier 2013, lancé une Question Prioritaire de Constitutionnalité à la suite de l’annulation de ses permis d’exploration justifiée par la loi du 13 juillet. Une QPC qui a été tranchée par le Conseil Constitutionnel le 11 octobre 2013 qui a validé la conformité de la loi du 13 juillet 2011 avec la Constitution française. Le dernier espoir de l’industrie de pouvoir exploiter les réserves de gaz de schiste de France, considérées comme parmi les plus importantes d’Europe avec 5 100 milliards de mètres cubes de gaz,  est mort lors de cette décision. Le gaz de schiste ne sera pas français.

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Les résultats des Etats-Unis confortent la position des industriels

Comme pour faire écho à la décision du Conseil Constitutionnel et comme pour conforter la position des industriels, le Medef est, par exemple, favorable à l’exploitation du gaz de schiste, L’Agence Internationale de l’Energie a, le 11 octobre 2013, dévoilé ses nouvelles prévisions concernant la production pétrolière mondiale.

Grâce au gaz de schiste et l’exploitation intensive qui en est faite aux Etats-Unis, le pays devrait devenir en 2014 le premier producteur mondial de pétrole hors pays de l’OPEP. Une position qu’il détenait déjà dans les années 1970 et qui, depuis, avait été récupérée par la Russie. De plus, depuis que l’exploitation du gaz de schiste a explosé, les Etats-Unis ont cédé ç la Chine la position de premier importateur mondial de pétrole et ont renoué avec la croissance économique et la compétitivité des entreprises. Les estimations de l’AIE parlent d’une production américaine qui devrait atteindre l’an prochain 11 millions de barils par jour alors que la Russie n’en produirait que 10,86 millions.

Quelles sont les différences entre la France et les Etats-Unis ?

A en croire les chiffres et seulement les chiffres, fermer la porte aux gaz de schiste en France pourrait être une grossière erreur : indépendance énergétique, compétitivité industrielle, emploi… tous ces paramètres qui font écho à la crise économique que traverse le pays semble pouvoir tirer bénéfice de l’exploitation du schiste.

Mais en réalité il y a une différence fondamentale entre la France et les Etats-Unis : la densité de population. Aux Etats-Unis il y a 33 habitants au kilomètre carré et les grands espaces sont nombreux. En France, le nombre d’habitants au kilomètre carré est le triple (97) et  les grands espaces sont plus rares et souvent très agricoles.

Or, l’exploitation du gaz de schiste nécessite des opérations de transport d’eau très importantes, tout au moins au moment du forage. Des opérations qui ne pourraient pas être reproduites avec la même efficacité en France qu’aux Etats-Unis.

Mais si l’exploitation du gaz de schiste en France n’entraînerait pas les mêmes changements géopolitiques et économiques qu’à l’autre bout de l’Atlantique, l’interdiction totale de l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels reste une décision qui fait passer le pays à coté d’un développement industriel important.

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