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Sommet de Vilnius : quand la Russie dévoile ses atouts et que l’Ukraine check

le 27 novembre 2013 à 9:32 

Viktor-IanoukovitchAprès avoir joué sur les deux tableaux, énergétique et économique, après avoir brandi successivement la carotte et le bâton pour précipiter le jeu de l’échiquier politique, Vladimir Poutine est finalement parvenu à ses fins en poussant l’Ukraine à suspendre les négociations de l’accord d’association le 21 novembre. Historique des manœuvres dont use la Russie pour faire pression sur son voisin.

Face au peu d’empressement du président Viktor Ianoukovitch après plusieurs propositions, la Russie a fini par réaliser que l’Ukraine ne tenait pas tellement à faire partie de l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan-Arménie ainsi qu’à l’Union économique eurasienne. Assez rapidement prit fin le temps des offres aimables, ce n’était pas tellement comme si l’Ukraine avait vraiment le choix aux yeux des autorités russes. Il n’est à leurs yeux pas question que cet ancien pays du bloc soviétique bascule à l’ouest. Un petit coup de pression aide à se décider, pensent les stratèges russes dans le grand jeu européen.

À partir de l’été 2013, le calendrier commençait à s’accélérer et les Russes voyaient déjà arriver le Sommet de Vilnius du 28 novembre au cours duquel il était prévu que l’Ukraine signe, si tout se déroulait selon ses souhaits, l’accord d’association avec l’Union européenne (UE).

Pour rappeler qu’elle est indispensable, la Russie affectionne les ultimatums économiques. Le 13 août, le Kremlin classait toutes les marchandises en provenance d’Ukraine sur une liste d’importation « à risques ». Auparavant, le 29 juillet, l’importation de tous les produits de la marque de confiserie Roshen avait été interdite par les services sanitaires russes.

À un mois du sommet, il s’agissait de frapper un grand coup. Le procédé était le même cette fois, mais la facture ne concernait pas quelques confiseries. Il était question de 882 millions de dollars que le géant Gazprom réclamait à l’Ukraine, et plus particulièrement à la compagnie ukrainienne Naftogaz. Il s’agissait cette fois-ci de rappeler à l’Ukraine sa dépendance énergétique et par la même occasion ses intérêts à demeurer dans le giron russe, sommet de Vilnius ou non.

Seulement, les effets ont été nuls du côté des Ukrainiens. Après avoir tourné les yeux vers l’ouest, le pays y orientait également ses gazoducs. Il avait déjà ralenti ses achats de gaz russe et, prévenant sans doute le coup qu’on allait lui porter, cherchait à s’assurer les services de fournisseurs européens à des tarifs plus attractifs.

À une semaine du jour J, rien n’allait plus. Il fallait que la Russie dévoile le grand jeu pour finir d’intimider l’Ukraine. C’est apparemment ce qu’elle a fait lors se son entrevue avec le président ukrainien le 9 novembre 2013, qui se serait prolongée jusque 5 heures du matin. Une ristourne sur la facture énergétique couplée à la menace d’un nouveau blocus des exportations ukrainienne a obligé l’Ukraine à se coucher. Mais ce n’est que temporaire, l’Ukraine comptant poursuivre les réformes qu’appelle son intégration.

Ianoukovitch n’a pas renoncé au rêve européen. « Personne ne nous enlèvera ce rêve d’une Ukraine de l’égalité des chances, de l’Ukraine européenne » a-t-il déclaré devant le peuple ukrainien le 25 novembre, avant d’ajouter : « Nous avons déjà surmonté beaucoup d’obstacles et en surmonterons bien d’autres à l’avenir. Les problèmes économiques ont toujours été, sont et seront toujours les principales difficultés sur le chemin européen ». Une allusion à peine voilée à la dépendance du pays vis-à-vis de la Russie

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