Top

J-Y Ollivier et J-M Lavoizard critiquent l’aide au développement

le 28 février 2014 à 17:55 

Aide au développementApres la présentation du projet de loi de Pascal Canfin, l’aide au développement fait débat dans l’opinion. Entre les conséquences inattendues des financements occidentaux pour les populations et les problèmes de gouvernance occasionnés par ces pratiques, Jean-Yves Ollivier, Jean-Michel Lavoizard, et Nicolas Ropert, remontent leurs expériences du terrain pour enrichir le débat sur l’aide au développement…

Au début du mois de février, Pascal Canfin a présenté son projet de loi pour la politique de développement et de coopération internationale. Au journal Libération, notre ministre écologiste confie, « si nous voulons lutter efficacement contre l’extrême pauvreté dans le monde, il faut intégrer la question de la soutenabilité environnementale. Car, comme le dit la Banque mondiale, la première menace sur la sécurité alimentaire, c’est un changement climatique non maîtrisé. L’AFD, l’opérateur pivot de notre aide publique, privilégie désormais le financement des énergies renouvelables et de l’agriculture familiale ».

Immédiatement Christian Losson l’interroge : « Ce souci de verdissement ne se fait-il pas au détriment de la santé ou de l’éducation » ? Cette interrogation est d’autant plus légitime que comme le souligne Friederike Röder, directrice de l’ONG ONE France, « la promesse internationale d’allouer 0,7 % du revenu national brut à l’aide au développement est encore loin d’être une réalité en France », pire selon la responsable associative, les chiffres du Ministère du Développement seraient surestimés…

En plus des questions financières, la pertinence de l’aide au développement pose bien des questions sur l’opportunité de recourir à de telles mesures. Le site innovant du ministère pour le suivi de l’aide au développement au Mali est sans doute une attraction pour les internautes mais reste bien en deçà des attentes du terrain. Le journaliste RFI, reporter en Afghanistan se demande : « 100% des fonds du gouvernement afghan viennent de la communauté internationale, mais si ces aides diminuent ou s’arrêtent, comment l’Afghanistan pourra-t-elle continuer son développement » ?

De nombreuses personnalités s’interrogent sur le bienfondé de cette aide, à l’occasion d’une interview sur France Inter, Pascal Canfin faisait lui-même un lapsus remarqué sur la nouvelle « Françafrique ». J-M Lavoizard de l’Audace Institut Afrique explique de manière complémentaire que les « populations sont écrasées par le poids du remboursement sans avoir bénéficié des avantages de ces emprunts qui trop souvent sont détournés de leurs projets dans un environnement écrasé par la mauvaise gouvernance ».

Ces critiques avaient également été formulées par Jean-Yves Ollivier lors de la sortie du livre, L’Aide Fatale, de l’économiste de Goldman Sachs, Dambisa Moyo. Sur son blog, les deux expert du continent dénoncent « l’édifice de l’aide au développement aux effets désastreux en matière de fiscalité (pourtant l’un des piliers de la constitution d’un état de droit), en passant par la classe de rentiers de l’humanitaire qui se forme notamment dans les pays africains, l’aide au développement génère une dépendance malsaine vis à vis de l’Occident ».

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom