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Libye : Lâché par Moscou, Kadhafi se tourne vers l’UA

le 28 mai 2011 à 15:55 

Le conflit en Libye a connu un développement politique majeur avec la décision de la Russie de lâcher Mouammar Kadhafi.

Le régime libyen a indiqué, hier, vendredi, qu’il n’était «pas concerné» par les décisions du sommet du G8 qui a appelé le dirigeant Mouammar Kadhafi au départ, et affirmé que toute initiative visant à résoudre la crise en Libye devrait passer par l’Union africaine (UA).

«Le G8 est un sommet économique. Nous ne sommes pas concernés par ses décisions», a déclaré le vice-ministre libyen aux Affaires étrangères Khaled Kaaim, après que la Russie eut rejoint les appels au départ du colonel Kadhafi, à l’issue du sommet du G8, hier, vendredi, à Deauville à l’ouest de la France.

Traditionnellement opposée à toute ingérence, la Russie, proche alliée de la Libye, a levé ses réticences à réclamer ouvertement le départ du chef d’Etat en fonction, tout en se posant en médiateur.

«Le monde ne le considère plus comme le leader libyen», a dit le président russe Dmitri Medvedev dont le pays refusait jusqu’alors de soutenir les appels américain et français à son départ et s’était abstenu lors du vote à l’ONU de la résolution 1973 autorisant des frappes internationales contre Tripoli.

Après la signature par Moscou de la déclaration finale du G8 affirmant que Kadhafi avait «perdu toute légitimité», le Président russe a offert à ses partenaires du G8 sa «médiation» dans le conflit et annoncé l’envoi immédiat d’un émissaire à Benghazi, fief de la rébellion libyenne dans l’Est. Le régime libyen affirme avoir appris le changement de la position russe dans la presse. «Nous n’avons pas été informés officiellement. Nous sommes en train de contacter le gouvernement russe pour vérifier les informations rapportées par la presse», a déclaré Kaaim. Il a rejeté, par ailleurs, la médiation proposée par Moscou, affirmant que Tripoli n’«acceptera aucune médiation qui marginalise le plan de paix de l’Union africaine».

«Nous sommes un pays africain. Et toute initiative en dehors du cadre de l’UA sera rejetée», a-t-il encore dit. La feuille de route de l’UA acceptée par Tripoli prévoit un cessez-le-feu immédiat, un meilleur accès à l’aide humanitaire et un dialogue destiné à ouvrir une transition politique, mais ne mentionne pas clairement un départ du colonel Kadhafi, raison pour laquelle ce plan a été rejeté par la rébellion.

«Personne ne pourra dicter aux Libyens leur avenir politique», a clamé Kaaim. «Toute décision politique dans le pays ne concerne que les Libyens», a-t-il martelé. Il a confirmé, par ailleurs, la visite lundi prochain en Libye du Président sud-africain Jacob Zuma, sans préciser que la question d’un départ du pouvoir du colonel Kadhafi serait évoquée, comme annoncée par la présidence sud-africaine.

Pretoria avait indiqué mercredi dernier que le but de cette visite serait de «discuter d’une stratégie de sortie pour Mouammar Kadhafi». «Le Président Zuma est attendu lundi en Libye et doit discuter avec le leader Mouammar Kadhafi de la feuille de route de l’UA et du lancement d’une réconciliation nationale ainsi qu’un dialogue politique entre Libyens», a déclaré Kaaim sans autre détail.

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