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Visite de François Hollande à Florange

le 28 septembre 2013 à 9:49 

francois-hollande-a-florange-photo-archives-julio-pelaezFrançois Hollande a voulu tourner la page de Florange. Celle des hauts-fourneaux précisément qu’il n’aura pas réussi à rallumer. De retour sur le lieu de ses promesses non-tenues, il a annoncé la création d’un nouveau centre de recherche public dédié à l’acier. C’est sans doute une manière d’apaiser la douleur que représente la lente agonie de la sidérurgie en Lorraine mais pas forcément de préparer l’avenir ce territoire.

Il y avait quelque chose de pathétique dans le déplacement du Président Hollande à Florange. En le regardant prononcer son discours, on le sentait mal à l’aise, presque penaud de revenir ainsi sur les lieux où il prononça (sciemment, ne soyons pas dupes) des promesses en l’air. Deux ans après avoir bercé d’illusions les sidérurgistes du site d’ArcelorMittal en pleine campagne présidentielle, il ne pouvait que constater son incapacité à changer le destin des derniers hauts-fourneaux lorrains. Sans surprise.

Et le Président a eu beau annoncer la création d’un centre de recherche public sur l’acier du futur, le cœur n’y était plus. Depuis 40 ans et les premiers plans Acier, menés sous le gouvernement Mauroy (par le ministre de l’Industrie de l’époque Laurent Fabius !), les ouvriers lorrains ont appris à décrypter le langage politique. Lorsqu’on leur promet de relancer leur industrie, ils savent qu’ils obtiennent un sursis. Lorsqu’on leur parle de forger les matériaux du futur, ils ne sont pas dupes et voient que la stratégie du principal opérateur européen, ArcelorMittal, n’est pas celle-là. Et quand le gouvernement affirme que la sidérurgie est stratégique, sans doute rient-ils jaune car ils ne peuvent que constater le désengagement lent mais inéluctable de notre pays vis-à-vis de ce secteur.

François Hollande sait tout cela. Il sait également que ce discours est difficile à entendre dans ce bassin industriel où tout le monde a vécu et vit pour la sidérurgie. C’est elle qui a façonné le paysage. C’est elle qui a ancré des familles d’immigrés sur ce territoire. C’est elle qui les a fait vivre pendant des années, tout simplement. Ce qui est difficile à accepter pour cette population, c’est que cette histoire, par définition, est en grande partie derrière eux. Ce n’est pas simple pour ces ouvriers et leurs familles de comprendre que leur avenir ne s’écrira pas (en tout cas pas celui de leurs enfants) intégralement en lettre gris acier. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’ont aucune perspective de rebonds.

Comme le montre le Pacte pour la Lorraine, doté de 300 millions d’euros, cette région doit élargir son horizon pour se réinventer. Elle qui a pensé acier pendant un siècle doit se saisir de la question des matériaux en général. Elle qui a creusé son sous-sol pour en extraire du charbon doit s’emparer de la question énergétique dans son ensemble. Ce n’est finalement qu’en abandonnant ses hauts-fourneaux que ce territoire réussira à relancer son industrie.

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