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Le président Obama s’explique sur l’intervention militaire en Libye

le 29 mars 2011 à 13:57 

Sous la pression d’une opinion publique sceptique, le président américain Barack Obama s’est exprimé lundi soir pour tenter de justifier l’intervention militaire en Libye entrée dans son dixième jour.

Dans un discours d’une demi-heure prononcé à l’université de la défense nationale, le président américain a réitéré ses arguments à haute teneur « humanitaire » pour expliquer l’engagement militaire dont il a dit être aussi dans l’intérêt national mais tout en rassurant que le rôle de l’armée américaine restera limité. Sur ce point, il a fait savoir que la coalition militaire passera sous le commandement de l’OTAN dès mercredi.

« Depuis des générations, les Etats-Unis ont joué un rôle unique comme point d’ancrage de la sécurité mondiale et en tant que défenseur de la liberté humaine. « Conscients des risques et des coûts d’une action militaire, nous sommes naturellement réticents à utiliser la force pour résoudre les nombreux défis du monde. Mais lorsque nos intérêts et nos valeurs sont en jeu, nous avons la responsabilité d’agir », a-t-il argué.

Décrivant le colonel Mouammar Kadhafi comme un « dictateur  » il considéra que si la coalition n’avait pas réagi, « la ville de Benghazi aurait pu subir un massacre qui aurait résonné dans toute la région et souillé la conscience du monde ».

Pour Obama, les Etats-Unis ont un « intérêt stratégique » à éviter que Kadhafi réussisse à réprimer le mouvement de protestation dans la mesure où un massacre, selon lui, aurait entraîné un autre mouvement massif de réfugiés à travers les frontières de la Libye et aurait compromis une « transition encore fragile » en Egypte et en Tunisie. « Je peux annoncer que nous avons arrêté la progression mortelle de Kadhafi », a-t-il lancé.

A ceux qui lui reprochent d’avoir agi tardivement, il a répondu que contrairement à la Bosnie dans les années 1990 où la communauté internationale a mis plus d’un an pour intervenir afin de protéger les civils, il a fallu 31 jours à la coalition pour engager les opérations militaires en Libye. Mais bien que la résolution 1973 du Conseil de sécurité n’ait pas stipulé le retrait de Kadhafi de la direction du pays, le président Obama a répété que le dirigeant libyen devrait quitter le pouvoir.

Prudent, il a tenu à ajouter, toutefois, que tout élargissement de cette mission militaire à un changement de régime en Libye « serait une erreur ». Si nous avons essayé de renverser Kadhafi par la force, notre coalition aurait éclaté. Nous étions allés sur cette voie en Irak où le changement de régime a duré huit ans et coûté des milliers de vies américaines et irakiennes, et près de 1.000 milliards de dollars. C’est une chose que nous ne pouvons nous permettre de reproduire en Libye », a-t-il insisté.

Quant aux bouleversements politiques en cours dans plusieurs pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord, M. Obama a soutenu que « les Etats-Unis ne seront pas en mesure de dicter le rythme et la portée de ces changements lesquels ne peuvent pas faire marche arrière ». Le discours d’Obama n’a pas semblé calmer totalement les critiques des milieux politiques notamment dans le camp républicain. Dans des déclarations aux chaînes de télévision à l’issue du discours, le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a considéré que l’intervention du président manquait toujours de clarté. « Neuf jours depuis cette intervention militaire, les Américains n’ont toujours pas de réponse à la question fondamentale: Qu’est-ce que le succès d’une intervention militaire en Libye? », a renchéri le porte-parole de Boehner.

Pour d’autres parlementaires, Obama n’a toujours pas précisé la dimension de la participation militaire des Etats-Unis ainsi que la durée de cette intervention armée. Le sénateur républicain, John Mc Cain, a estimé, ironiquement, que Kadhafi « doit être soulagé lorsqu’il a entendu le président dire qu’il était erroné de chercher un changement de régime par la force en Libye ».

Pour l’ancien maire de New York et ex. candidat républicain à la présidentielle, Rudy Giuliani, le discours d’Obama n’a non seulement pas parvenu à clarifier le but de l’intervention militaire, mais « les choses sont encore plus obscures qu’elles ne l’étaient avant » son allocution. Quant au sénateur républicain Paul Rand, probable candidat aux présidentielles de 2012, il a affirmé qu’une intervention en Libye n’était pas dans l’intérêt des Etats-Unis: « Quelle est cette menace imminente que ferait peser Kadhafi ou la Libye sur les Etats-Unis? ».

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