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Tunisie : Mise en garde contre les salafistes

le 29 juin 2011 à 15:23 

Le ministère de l’Intérieur a rappelé à l’ordre les salafistes qui tenteront de porter atteinte à la sécurité et à la liberté des citoyens.

Le ministère ne «manquera pas d’appliquer la loi suite aux tentatives d’atteinte à la sécurité des citoyens, des libertés et des principes et acquis de la révolution tunisienne», selon un communiqué publié hier mardi. 21 personnes ont été interpellées, selon le ministère de l’Intérieur, lors d’une manifestation devant le Palais de justice qui a rassemblé une centaine de salafistes venus réclamer la libération de leurs six camarades.

Ces derniers avaient été arrêtés dimanche dernier après le saccage d’un cinéma du centre de Tunis pour empêcher la projection du film de la cinéaste tunisienne Nadia El Fani, Ni Allah, ni maître rebaptisé Laïcité, Inch’Allah qui traite de la laïcité en Tunisie. Trois avocats agressés par des manifestants ont dû être transportés à hôpital, ont indiqué des témoins.

«Nous nous sommes pourtant organisés pour défendre les six manifestants interpellés dimanche», s’est étonné un avocat qui a souhaité garder l’anonymat. Les jugements n’ont toutefois pas eu lieu car les magistrats étaient en grève.

Selon plusieurs témoins, tout a dégénéré quand Me Abdennaceur Aouini a crié qu’il était contre le film, mais qu’il craignait que des «casseurs» ne se soient immiscés au sein des manifestants afin de les décrédibiliser et de provoquer les forces de l’ordre. «Des manifestants ont attaqué notre collègue et les deux autres qui ont couru à son secours», poursuit cet avocat que l’intervention tardive des forces de l’ordre a laissé perplexe. La police a dispersé les manifestants à coup de gaz lacrymogène et en a arrêté 21, selon des sources concordantes.

L’intervention du groupe de manifestants salafistes dans le cinéma dimanche dernier a provoqué une levée de boucliers dans les milieux culturels et associatifs tunisiens, qui ont dénoncé un acte d’intolérance.

Dans un entretien publié, hier, mardi, Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahda, a condamné «l’intrusion violente des manifestants salafistes tout en appelant au respect des symboles sacrés des Tunisiens».
De nombreux partis ont également condamné ces agressions.

Sur un autre volet, Ghannouchi a averti qu’un futur gouvernement tunisien auquel sa formation ne participerait pas «serait très faible». En conséquence, «tout processus démocratique honnête doit mener ce mouvement au pouvoir ou bien individuellement ou bien avec la participation» d’autres forces politiques, a-t-il ajouté, en soulignant que son mouvement «optait pour le partage» du pouvoir.

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