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Algérie – Législatives : Louisa Hanoune, séduite et abandonnée ?

le 31 janvier 2012 à 6:00 

Multipliant les déclarations, tirant à boulets rouges sur les islamistes, jetant en pâture des associations, Louisa Hanoune est sur tous les fronts. A l’approche des législatives en Algérie, assumant sa légendaire proximité avec le pouvoir, c’est tout naturellement qu’elle se tourne vers le président de la République pour exiger le respect de la sanction des urnes.

Son offensive, la secrétaire générale l’a entamée en ciblant Abdellah Djaballah. Alors que ce dernier attendait l’agrément de son parti politique, il a fait l’objet d’une attaque en bonne et due forme. L’opinion publique apprenait, alors, que celui qui se réclame leader de la mouvance islamiste faisait des offres de services à des officines étrangères. Ce n’était que le premier acte d’une véritable campagne contre un courant avec lequel elle ne cachait pas ses accointances. Le Parti des travailleurs, bel et bien signataire du traité de Rome, serait-il en train de solder ses comptes avec la mouvance islamiste ? Non, répond-elle, affirmant n’avoir pas de problèmes personnels avec Djaballah.

Second acte, Hanoune livre quatre associations en pâture : elles sont accusées d’être soutenues par des agences américaines. Des déclarations faites dans un climat de précampagne électorale. Des élections au cours desquelles le PT dit vouloir peser de tout son poids. Se qualifiant d’alternative aux islamistes et aux opportunistes de tous bords, la numéro un du PT s’était, à l’occasion de l’examen des différentes lois présentées à l’APN dans le cadre des «réformes», fait d’autres ennemis. Le FLN avait fait l’objet de critiques acerbes pour son rôle joué dans la modification des textes présentés. Le parti avait été pointé du doigt par la secrétaire générale du PT qui avait soutenu dans leur majorité les textes proposés par le président de la République.

Un moindre mal, considérait-elle, même si elle admettait que les réformes avaient finalement été dévoyées. C’est vers le président de la République qu’elle s’est adressée, demandant un rattrapage des textes. Hanoune avouait avoir discuté de la question avec Bouteflika lors de la cérémonie du 1er Novembre. Elle demandait au président une seconde lecture des textes adoptés par le Parlement. Hanoune avait cru déceler chez le président une intention d’accéder à sa demande mais force est de constater que sa requête est restée sans suite. C’est encore une fois vers le président que la première dame du PT se tourne pour demander davantage de garanties pour la tenue des élections législatives.

Fidèle à sa posture d’opposante, assumant une certaine proximité avec le pouvoir, Hanoune tente, une fois de plus, d’expliquer comment elle ne fait pas confiance au gouvernement mais croit en la capacité du pouvoir à offrir les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres. Des contradictions qu’elle assume ouvertement. C’est notamment le cas lorsque après avoir critiqué, vilipendé l’actuel législature, elle n’a pas joint le geste à la parole en se retirant de l’Assemblée populaire nationale.

A tous ceux qui lui posent la question, Hanoune répond que sa position est tout à fait défendable puisque, dit-elle, son parti ne peut pratiquer la politique de la chaise vide et qu’il a le devoir de faire entendre sa voix dans l’hémicycle même si cette dernière est étouffée par celle d’une majorité qui ne partage pas tous les combats du Parti des travailleurs. Ce dernier se prépare à peser de tout son poids lors des prochaines législatives même s’il ne reçoit pas les garanties tant réclamées par sa première responsable.

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