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Libye : L’ombre d’Abdel Fattah Younès plane sur Benghazi

le 31 juillet 2011 à 14:57 

Le voile épais qui entoure la mystérieuse liquidation du chef d’état major du CNT, parti en conquérant pour faire sauter le verrou de Brega et retrouvé criblé de balle près de Benghazi, alimente les thèses de la déliquescence d’un mouvement, conçu comme un instrument de domination occidentale et traversé de profondes divergences tribale, politique et stratégique.

Les représentants de Benghazi, murés dans la fantomatique commission d’enquête, s’adonnent au jeu rêvé du bouc émissaire qui privilégie la piste de la main vengeresse de Kadhafi. Mais les zones d’ombre persistent. Elles portent sur le retour précipité du chef d’état major, Abdel Fattah Younès, décidé par le CNT et tenu politiquement et moralement pour responsable du sort d’un des leurs.

Trahison ou, comme le pensent nombre d’observateurs, divergences sur la stratégie militaire ? L’absence d’une version officielle, suffisamment convaincante, conforte l’hypothèse des luttes fractionnelles qui minent le mouvement insurrectionnel. Le guet apens de Brega, aux relents de règlement de comptes, mène tout droit à la nébuleuse d’El Qaïda. Les aveux de son neveu, Hicham El Obeidi, et, surtout, le témoignage de Mohamed Agoury, un membre des forces spéciales sous le commandement d’Abdel Fattah Younès, pointent le doigt accusateur sur la «Brigade des martyrs du 17 février», en partie composée du Groupe du combat islamique (LIFG) sévèrement réprimé par l’ancien ministre de l’Intérieur, lors du soulèvement dans les années 80.

Ces révélations sont confortées par Ali Tartouri, membre du CNT, et des responsables militaires. Sous le couvert de l’anonymat, un commandant rebelle a affirmé que «Abdeljalil (le chef du CNT) ne peut pas incriminer les islamistes parce qu’il les craint». Dans cette lutte d’influence, le terrain de prédilection de la Libye éclatée est le vivier d’El Qaïda dont la menace régionale est reconnue par les puissances internationales.

L’ombre d’Abdel Fattah pèse désormais sur le destin du CNT en déconfiture. Si Paris et Londres font profil bas, l’appel de Washington aux représentants de Benghazi de «respecter leurs promesses et leur engagement en faveur de l’unité et de leur représentation de l’ensemble du peuple libyen» s’interprète comme un désaveu cinglant, non seulement pour une insurrection à bout de souffle, mais aussi sur une intervention arrivée «de manière générale dans une impasse», selon le constat du chef d’état major interarmées américain, Michael Mullen.

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