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Eté de tous les sports : attention à ne pas laisser vos enfants trainer sur des sites de live-streaming illégaux !

le 1 août 2016 à 11:27 

 

Live Streaming

La télévision connait des jours maussades, les téléspectateurs se tournant de plus en plus vers le Web. Véritable poule aux œufs d’or, streaming et live-streaming se développent à grande vitesse. Alors que les moyens de diffusion de contenus se multiplient sur Internet, il apparait que le contrôle imposé aux sites hébergeurs n’est pas à la hauteur – en particulier pour les sites illégaux, où pullulent des contenus inappropriés, souvent choquants pour les enfants.

Comment suivez-vous votre sport préféré ? La question concerne nombre de spectateurs cet été, avec une concentration rare d’épreuves de portée internationale : Euro de football, Wimbledon et Rolland Garros pour le Tennis, les JO de Rio, le Tour de France, et même le mondial de pétanque ! Autant le dire : il y en a pour tous les goûts. Et pour satisfaire leurs envies de retransmissions sportives, les téléspectateurs se détournent de plus en plus souvent du petit écran pour privilégier ordinateurs, tablettes et smartphones. La consommation de vidéos en streaming et live-streaming a ainsi bondi de 60% en un an.

En parallèle, la télévision en fait les frais, avec une baisse de 4% par an (le phénomène est donc lent mais constant depuis le début de la décennie). La chute est plus inquiétante pour les opérateurs payants : les chaînes du câble ont perdu 2,2 millions de clients sur un an aux US. Cela vient du fait que les contenus exclusifs dans lesquels elles investissent sont désormais facilement accessibles sur Internet – souvent illégalement. La concurrence est rude, et ne manque pas de causer du remous. Sur un an, l’audience TV sur des contenus vidéo longs, notamment des films, s’inscrit en recul de 13 % dans le monde et de 19 % en France. Même constat pour l’audience des retransmissions sportives sur écrans TV qui régresse de 10 %. Yannick Sadowy, directeur exécutif en charge du secteur des médias et du divertissement pour Accenture France et Benelux explique ce phénomène : « Les films et émissions de télévision se regardent désormais sur des terminaux mobiles. »

Beaucoup de ces diffusions se font par le biais de plateformes de livre-streaming. Il s’agit de sites qui assurent en direct la retransmission de contenus. Facebook, Youtube (derrière qui se cache Google), Twitter, tous les géants d’Internet se tournent vers ce secteur. Facebook a ainsi noué des partenariats avec plus de 140 médias tels que CNN, le New York Times, BuzzFeed ou encore le Huffington Post. Ces accords représentent plus de 50 millions de dollars et permettront à Facebook Live de renforcer son offre de vidéos en direct. En parallèle, Periscope, le service de live-streaming vidéo de Twitter âgé tout juste d’un an, affiche une croissance insolente. Pas moins de 200 millions de live ont été diffusés depuis la naissance de la jeune plateforme – soit l’équivalent de 110 années de vidéos retransmises en direct chaque jour. Twitter a par ailleurs testé un programme de live-streaming de sport, avec la retransmission en direct des matchs de Wimbledon, et de tous les commentaires liés.

Si l’offre légale de livre streaming sportif se répand, elle n’en demeure pas moins en phase expérimentale, tandis qu’existe toujours, à côté de ce business naissant, un véritable marché noir des diffusions illégales, dont la question de l’encadrement continue de se poser. La popularité des streaming et live-streaming illégaux est aussi problématique que leur pratique est répandue : selon une étude Médiamétrie diffusée récemment, 30 % des internautes français ont visité au moins une fois par mois un site de live streaming ou de téléchargement illégal en 2015, soit 14,1 millions de personnes, dont de nombreux enfants. Et si cette tendance se réduit avec l’âge (et l’augmentation du pouvoir d’achat) elle reste très forte chez les plus jeunes – enfants et adolescents. Or, ces sites se livrent à de nombreuses pratiques publicitaires agressives et interdites sur des médias plus courants – dont la promotion de sites pornographiques.

Or ça n’a rien d’anodin. Si l’on en croit le rapport sur l’environnement médiatique des jeunes du CIEM (Collectif interassociatif Enfance Média), une exposition accidentelle à un contenu pornographique peut être une expérience analogue à un abus sexuel. Dépression, tentatives de suicide, échec scolaire, complexe d’infériorité, banalisation de la violence… les effets néfastes d’une exposition précoce à des images « hard » se comptent par dizaines.  Psychologues et associations tirent la sonnette d’alarme, à l’image de l’association ennocence, qui rappelle qu’un enfant a de nos jours en moyenne 11 ans lorsqu’il est exposé pour la première fois à des images pornographiques.. Aussi, ils établissent un lien entre cette surexposition au porno et la multiplication des crimes comme les « tournantes », viols éthyliques, ou encore la diffusion d’images intimes sur Internet (le revenge porn). Dans ce contexte, 75% des parents interrogés estiment en effet que l’Etat devrait en faire davantage pour lutter contre l’omniprésence de la pornographie en ligne, d’après un sondage Opinion Way de décembre 2015.

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