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Football Egypte : Pourquoi cette scène de guerre à la fin du match ?

le 2 février 2012 à 18:03 

Des responsables politiques et sportifs ont dénoncé l’absence de sécurité entourant la rencontre et accusé les militaires au pouvoir en Egypte depuis la chute de Hosni Moubarak d’avoir permis, sinon provoqué, cette tragédie par incurie ou par calcul.

«Les forces de sécurité ont fait cela ou l’ont laissé se produire. Les hommes de Moubarak sont toujours au pouvoir», a accusé Albadri Farghali, représentant de Port-Saïd au Parlement. «Le chef du régime est tombé mais tous ses hommes sont toujours en place», a-t-il hurlé, interrogé par téléphone en direct à la télévision. «Où est la sécurité ? Où est le gouvernement », s’était-il interrogé.»

Il précise par ailleurs que «contrairement à la norme pour ce genre de match opposant une équipe locale, le gouverneur de Port-Saïd n’était pas dans la tribune», estime pour sa part Ziad El-Elaimy, député du Parti social-démocrate. Pour certains, les violences auraient été déclenchées sciemment pour punir les ultras d’Al Ahli, un groupe de supporters du club du Caire dont l’expérience des confrontations avec les forces de l’ordre a servi il y a un an, au plus fort des journées révolutionnaires, pour défendre la place Tahrir. Ce sont eux notamment qui avaient organisé la riposte à la charge des partisans de Moubarak, à dos de dromadaires et de chevaux, le 2 février 2011.

Quant à eux, les Frères musulmans, grands vainqueurs des dernières élections législatives, ont accusé les partisans du président déchu Hosni Moubarak d’être responsables des violences. En effet, la première force politique au parlement nouvellement élu, a vu derrière ces violences une «main invisible» et dit redouter que «certains officiers punissent le peuple en raison de la révolution qui les a privés de leur capacité à agir en tyran et qui a réduit leurs privilèges». « Cela confirme qu’une planification invisible se trouve derrière ce massacre injustifié.

Les autorités ont été négligentes», écrit la confrérie islamiste sur son site internet. «Les événements de Port-Saïd ont été planifiés et sont un message des partisans de l’ancien régime», a affirmé pour sa part le député Essam al-Erian dans un communiqué publié sur le site internet du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la formation politique des Frères Musulmans. Il a déclaré que l’Assemblée du peuple, dominée par les Frères, allait demander au ministre de l’Intérieur et aux responsables de la sécurité d’«assumer pleinement leurs responsabilités».

Le député libéral Amr Hamzawi a, de son côté, appelé au limogeage immédiat du ministre de l’Intérieur, ainsi que du gouverneur et du chef de la sécurité de Port-Saïd. Le président du Parlement Saad al-Katatni, membre des Frères musulmans, a indiqué que l’Assemblée du peuple tiendrait une session extraordinaire ce jeudi pour discuter des événements.

Abou Treika : «C’est la guerre»

«Ce n’est pas du football. C’est la guerre et des gens meurent sous nos yeux. Il n’y avait aucun dispositif de sécurité, pas d’ambulances», a réagi un joueur d’Al Ahli, Mohamed Abo Treika, interrogé par la chaîne de télévision de son club. «Je demande l’annulation du championnat. C’est une situation horrible et on ne pourra jamais oublier la journée d’aujourd’hui. Il y a des morts sur le sol ! Il y a des morts dans les vestiaires ! Je ne jouerai plus au football tant que justice ne sera pas faite», s’est exclamé un joueur de Al-Ahly, Emad Meteab, sur la chaîne de télévision de l’équipe.

Les Moubarak toujours au pouvoir ?

« Pour certains, les violences auraient été déclenchées sciemment pour punir les ultras d’Al Ahli, un groupe de supporters du club du Caire dont l’expérience des confrontations avec les forces de l’ordre a servi il y a un an, au plus fort des journées révolutionnaires, à défendre la place Tahrir. Ce sont eux notamment qui avaient organisé la riposte à la charge des partisans de Moubarak, à dos de dromadaires et de chevaux, le 2 février 2011. De leur côté, des responsables sportifs ont également dénoncé l’absence de sécurité entourant cette rencontre et accusé les militaires au pouvoir en Egypte depuis la chute de Hosni Moubarak d’avoir permis, sinon provoqué, cette tragédie par incurie ou par calcul.

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