Économie

Antonella Manganelli (Payden & Rygel) : « Les marchés intègrent deux nouvelles hausses de taux en Europe »

Photo of author

Publié par Matthieu Delpont

Publié le

« La BCE a relevé ses taux à 2,25%. Une décision très attendue, avec peu de surprises et des perspectives de stagflation… Le débat se concentre désormais sur les prochaines mesures de la BCE. Nos économistes estiment qu’il s’agit de la dernière hausse de 2026, tandis que les marchés continuent d’anticiper une nouvelle hausse en septembre et une troisième début 2027 ».

Par Antonella Manganelli

Par Antonella Manganelli, PDG de Payden & Rygel en Europe | La Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt à 2,25 %, une décision que les marchés avaient pleinement anticipée et intégrée au cours des dernières semaines. La réaction a été modérée : les rendements des obligations souveraines ont connu une hausse modeste, limitée en partie par la baisse précédant l’annonce. Sur le marché des changes, l’euro se rapproche du niveau de 1,15 par rapport au dollar, un seuil techniquement significatif, ce qui suggère que le marché avait déjà intégré une position potentiellement plus agressive de la part de Francfort.

La déclaration de la présidente Lagarde n’a apporté que peu de nouvelles informations. Aucun engagement en faveur de nouvelles hausses, une approche réaffirmée dépendante des données et l’incertitude au Moyen-Orient comme variable dominante.

Les prévisions actualisées pointent vers un scénario stagflationniste, avec une inflation révisée à la hausse à 3,0%, une inflation sous-jacente à 2,5% et une croissance légèrement révisée à la baisse. Les perspectives européennes restent difficiles avec des prix toujours élevés et un ralentissement de l’activité.

Le débat se concentre désormais sur les prochaines actions de la BCE. Nos économistes estiment qu’il s’agit de la dernière hausse de 2026, tandis que les marchés continuent d’anticiper une nouvelle hausse en septembre et une troisième début 2027. Beaucoup dépendra de l’évolution des prix de l’énergie. Tant qu’ils restent élevés sans atteindre des niveaux qui nuisent à la croissance et déclenchent une récession, un nouveau resserrement monétaire restera un scénario plausible. On ne peut toutefois pas exclure qu’une désescalade au Moyen-Orient puisse entraîner une forte baisse des prix de l’énergie au cours de l’été, ce qui permettrait aux taux de se stabiliser à 2,25 %. Nous pensons cependant qu’il est peu probable que les marchés intègrent ce scénario avant l’apparition de signes concrets d’une résolution du conflit ; d’ici là, ils continueront probablement à intégrer au moins deux nouvelles hausses de taux.