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50 ans de réclusion pour l’ex-président du Libéria

le 31 mai 2012 à 11:00 

Accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’ancien président du Libéria, Charles Taylor, a écope de 50 ans de réclusion. Ce procès qui aura duré six ans répare enfin l’intégrité d’un demi-million de vies mutilées.

Le tribunal pénal de la Haye vient donc de délibérer, ce mercredi, à la suite d’un procès long de six ans. Elle reconnaît Charles Taylor, ancien président du Libéria, coupable “d’avoir encouragé des crimes parmi les plus odieux et les plus brutaux de l’Histoire, et d’y avoir contribué” a déclaré le président du tribunal, Richard Lussick.

A la lecture du verdict qui a duré un peu moins d’une heure, Taylor reste impassible. Le parquet avait requis à son encontre 80 ans de prison. Le juge a mentionné quelques-unes des atrocités commises lors de la guerre comme les amputations, les victimes de viols énuclées pour ne pas reconnaître leurs bourreaux, des mères portant des sacs remplis de têtes humaines, parfois celles de leurs propres enfants.

Âgé de 64 ans, l’ancien chef d’État est le premier en son genre à être condamné par une juridiction internationale. Le mois dernier, il avait également été condamné par la CSSL (Cour Spéciale sur la Sierra Leone). Il devient ainsi le premier ex-président à être condamné pour ces faits depuis le procès de Nuremberg.

Arrêté en 2006 au Nigeria après trois ans d’exil, puis extradé, Charles Taylor avait fourni en échange de diamants, des armes, des médicaments et du matériel aux rebelles du Front Révolutionnaire Uni en Sierra Leone. Ce pays frontalier du Liberia, alors en guerre civile, a connu entre 1990 (assassinat de Samuel Doe, alors président du Libéria) et 2002 (chute et exil de Taylor) des massacres de masse, faisant plus de 50 000 morts et des milliers de mutilés. On estime qu’un demi-million de personnes ont été sauvagement tuées ou torturées.

Géraldine Zeltner de Human Rights Watch a déclaré “il est important de relever le statut de Taylor comme ancien chef d’État a été perçu comme un facteur aggravant” et de conclure, “C’est un précédent important et j’espère que le Syrien Bachar al Assad et le Soudanais Omar Hassan al Bachir ont suivi ce qui s’est passé à La Haye”.

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