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Des travailleurs asiatiques pour pallier le besoin de main-œuvre dans les pays de l’Est

le 1 novembre 2019 à 12:09 

Lorsque l’on évoque l’immigration dans de nombreux pays européens, c’est souvent pour évoquer des mesures à prendre pour la réguler. Cependant, au-delà des déclarations de façades et des redondades nationalistes, la réalité du terrain s’avère parfois différente. En témoigne, la présence de Vietnamiens sur des chantiers roumains et dans la Hongrie de Viktor Orban.

Les Vietnamiens s’invitent bien malgré eux sur le devant de la scène de l’immigration, avec la découverte de 39 cadavres dans un camion, qui devait les faire passer clandestinement pour la Grande-Bretagne. Ce sont, aussi des Vietnamiens que l’on retrouve en Roumanie, pour compléter des équipes de travailleurs sur des chantiers.

De nombreux Roumains ont décidé d’émigrer vers d’autres contrées censées être plus verdoyantes. Cela concerne, 4 millions de ses habitants, eux-mêmes travailleurs émigrés dans des pays occidentaux aux emplois mieux rémunérés. Si l’on rajoute une faible natalité, cela explique que le pays soit obligé de faire venir des travailleurs asiatiques, pour éviter que son économie ne ralentisse faute de main-œuvre. Difficile de trouver du personnel pour construire de nouveaux bâtiments.

Ce n’est pas une exception dans les pays de l’Est de l’Europe, qui sont tous confrontés à la même carence de main-œuvre. La Hongrie n’échappe pas à cette constante. Le pays, mené par le populiste Viktor Orban, au discours si dur contre l’immigration, prévoit discrètement d’accorder 75 000 permis de travail en 2019 à des travailleurs hors Union européenne, soit trois fois plus qu’en 2017. Les Ukrainiens, cèdent la place à des travailleurs venus du Vietnam, de Chine, d’Inde, et de Mongolie. Le gouvernement du Premier ministre nationaliste Viktor Orban, communique peu sur ce sujet, alors que le refus de l’immigration constitue le fil rouge de sa politique depuis 2010.

La plupart de ses embauches passent par des sociétés de recrutement, spécialisées dans la main-œuvre asiatique, dont le nombre a explosé. Selon une récente étude de la société américaine de travail temporaire Manpower, quatre employeurs roumains sur cinq rencontrent des difficultés à pourvoir des postes. En Hongrie, le manque de bras dans le seul secteur de l’industrie, est estimé entre 40 000 et 50 000 personnes.

Comme partout, tout cela se fait sous l’œil inquiet des syndicats. Dumitru Costin, responsable de l’une des principales confédérations du pays (BNS) explique, “lorsqu’ils ont voyagé des milliers de kilomètres pour trouver un emploi, il est évident qu’ils vont obéir sans broncher et travailler des heures supplémentaires non payées pour ne pas être renvoyés dans leur pays“. Zoltan Laszlo, chef du syndicat de la métallurgie (VSZSZ), dénonce les pressions que cela fait subir aux salariés hongrois, car les patrons disent qu’on peut facilement les remplacer “par des Ukrainiens, des Mongols ou des Vietnamiens“.

Crédit photo : georges castagné

 

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