iTélé : toujours en grève, toujours dans l’impasse - Donne Ton Avis
Top

iTélé : toujours en grève, toujours dans l’impasse

le 7 novembre 2016 à 15:17 

Cela fait maintenant, plus de vingt jours, que des salariés de d’iTélé sont en grève. Malgré une forte mobilisation, et quelques soutiens, la situation ne semble pas se débloquer. Le dossier a atterri sur le bureau de la ministre du travail Myriam El Khomri, qui va recevoir lundi 7 novembre les syndicats d’iTélé. En toile de fond, on retrouve clairement deux visions éditoriales différentes, qui opposent les journalistes et leur direction.

C’est l’arrivée de Jean-Marc Morandini, qui a cristallisé les inquiétudes, et a déclenché le mouvement. Il est vite apparu, comme le symbole de ce que redoutent les salariés, une évolution de la chaîne de l’information vers le divertissement. Les démêlés judiciaires de l’animateur pour “corruption de mineur aggravé” au moment de son embauche ont fait caisse de résonance.
Bien sûr, le mal est plus profond, et couve depuis déjà pas mal de temps. La direction a assuré que la création de CNews, qui doit remplacer iTélé, sera une chaîne d’info à 90 %, comportant 10 % de nouvelles émissions sur l’Europe, le sport ou le cinéma. Cependant, un grand doute règne chez les salariés de la chaîne Info. “On nous promet que l’information continuera comme avant. Mais, même avant la grève, nous n’avons pas pu envoyer des reporters à Mossoul et aux États-Unis, et nos conditions de travail ne cessent d’être dégradées, explique Olivier JRI (journaliste reporter d’images) à iTélé depuis six ans. “La direction veut des émissions spéciales, qui rapportent de la publicité et permettent de faire la promotion des produits Canal+”.
Ce discours est relayé par Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters sans frontières, il déclare vouloir soutenir ces salariés, car “le combat de ces journalistes pour l’indépendance et l’éthique, c’est un combat plus général pour le journalisme de qualité”.
Le CSA a réagi, et a donné raison aux grévistes en proclamant, une double mise en demeure pour des « manquements aux exigences d’honnêteté et de rigueur » dans l’émission « Morandini Live » et l’absence d’un comité d’éthique « chargé de contribuer au respect du principe de pluralisme » à iTélé.
Reste maintenant à savoir, si le CSA irait jusqu’à suspendre la fréquence de chaîne d’info d’iTélé et si la ministre du travail Myriam El Khomri arrivera à désamorcer le conflit. Cette entrée en scène des instances, et des politiques, peut s’avérer primordiale, car comme le maintient l’économiste Julia Cagé “Vincent Bolloré teste les limites. Il ne réagira que si la politique s’empare du sujet et si le CSA joue pleinement son rôle en suspendant la fréquence de chaîne d’info d’iTélé “. A priori, elle en doute, “les groupes de médias sont détenus par un nombre limité de grands acteurs économiques, auxquels on n’ose plus toucher”.
En attendant, il faut faire en sorte que l’on n’oublie pas ce conflit, pour maintenir un minimum de pression, et faire en sorte que les salariés en sortent la tête haute à travers une solution viable pour tous.

Crédit photo : deborah geysen

 

 

1 Star2 Stars3 Stars4 Stars5 Stars (Pas d'évaluation)
Loading...

N'hésitez pas à laisser un commentaire ...
et oh ! si vous voulez une image pour vous montrer avec votre commentaire, allez obtenir un Gravatar!





*

Bottom