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Le tourisme, un facteur de pollution toujours plus grand

le 8 mai 2018 à 6:43 

Nous sommes de plus en plus nombreux à vouloir découvrir le monde, donc le tourisme progresse. Si cette tendance apparaît plutôt sympathique, ne pas tenir compte des nombreuses répercussions que cela entraîne obligatoirement serait une grave faute morale. Au-delà des dégâts sur certains sites surpeuplés et mal préparés à de tels afflues de touristes, le secteur est responsable de 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon une étude prenant en compte tout ce qui entoure le transport, et l’hébergement des voyageurs.

Le tourisme ne connaît pas la crise, et en 2017 le tourisme international a progressé de 7 %. Une très bonne nouvelle économique pour l’Organisation mondiale du tourisme, mais une étude de chercheurs australiens, chinois et indonésiens, publiée dans la revue Nature Climate Change, vient tempérer l’enthousiasme en révélant que “l’empreinte carbone” du tourisme mondial est considérable. L’activité touristique représente maintenant 8 % du total des émissions de gaz à effet de serre de l’humanité.

Si la situation décrite par cette étude apparaît plus préoccupante que les précédentes, c’est tout simplement parce qu’elle est plus complète. En effet, Manfred Lenzen de l’Université de Sidney en Australie, et ses collègues ont compilé les données sur les flux touristiques entre 160 pays, sur la période 2009-2013. Cependant, ils ne se sont pas contentés des émissions directement associées aux transports (comme la combustion du kérosène des avions et de l’essence ou du diesel des voitures), mais ils ont aussi comptabilisé les biens et les services consommés par les voyageurs, en matière de restauration, d’hôtellerie ou d’achats divers.

Le résultat démontre que ce sont encore les trajets et les séjours domestiques, qui sont la source de la plus grande partie des rejets carbonés et non pas les vols internationaux. Comme on peut l’imaginer, ce sont les Etats-Unis qui impactent le plus ce bilan. Ils sont suivis des Chinois, en pleine fièvre voyageuse. On retrouve après, l’Allemagne, l’Inde, le Mexique, le Brésil, le Canada, le Japon, la Russie et le Royaume-Uni.

Le rapport insiste par contre sur la croissance continue du tourisme mondial, et donc des vols internationaux, poussée par l’élévation du niveau de vie des pays émergents. Cette croissance laisse présager une aggravation de son impact environnemental. Les chercheurs prennent comme exemple, les conséquences sur des États insulaires, comme les Maldives, les Seychelles, la République de Chypre, ces destinations très prisées des vacanciers et où le tourisme de masse est important. Le tourisme génère “de 30 % à 80 % “ des émissions nationales de CO2, la situation va donc vite devenir grave.

Du côté des solutions, à moins d’une avancée majeure en direction d’un combustible largement moins polluant, pas vraiment à l’ordre du jour, et sur la prise de conscience des responsabilités utopiques de chaque touriste pour une attitude plus respectueuse envers l’endroit. Il ne reste plus que la réduction du nombre de touristes, en augmentant les tarifs ou la fermeture de certaines destinations.

Autrement dit, geler des destinations, refroidir les touristes et rafraîchir d’autres offres touristiques, tout cela pour éviter le réchauffement de la planète.

Crédit photo : Karim Nari

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