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Le télétravail, une pratique qui réclame plus d’encadrement

le 8 juin 2017 à 10:12 

En marge de la nouvelle réforme du travail, c’est l’occasion pour Muriel Pénicaud de se pencher sur la question du télétravail. Cette pratique se développe très vite, et l’Etat veut combler de nombreux flous juridiques qui l’entourent. Un texte établi par les partenaires sociaux, qui se sont mis d’accord, pourrait servir de base à une nouvelle réglementation.
C’est bien connu, la nature a horreur du vide, et l’État français a horreur du vide juridique. Le télétravail concerne maintenant des dizaines de milliers de télétravailleurs, et en intéresse bien d’autres, donc il est facile d’imaginer que la pratique va s’accroître. Les conditions de travail dans ces circonstances restent encore très disparates, et il n’y a pas de cadre strict qui encadre les conditions de l’activité. Un exemple simple, “si un télétravailleur a un accident à son domicile, personne ne le prend en charge”, explique Philippe Planterose, président de l’Association française du télétravail et des téléactivités (AFTT).
Il y a bien quelques règles qui ont été édictées en 2005, et qui régissent entre autres, la prise en charge du matériel, la priorisation du salarié en question en cas d’offre de poste sans télétravail, organisation d’un entretien annuel sur ses conditions de travail, négociation des plages horaires durant lesquelles le salarié est joignable par son employeur. Cependant, il est difficile d’appliquer intégralement l’ensemble des dispositions classiques prévues pour un poste dans un bureau classique. Pour Philippe Planterose, « c’est un mode de travail très particulier. Ce dont on a besoin aujourd’hui, c’est de fixer un cadre général pour faciliter ensuite les négociations au cas par cas ».
Les partenaires veulent en priorité avec cette prise en charge, protéger les droits du salarié. Cependant, trop de contraintes seraient nuisibles à l’activité dont un des avantages pour les entreprises est justement la flexibilité et la simplicité. Les responsables en ressources humaines font remarquer, que les obligations actuelles sont “trop lourdes en matière de prise en charge d’aménagement du domicile du salarié et de son indemnisation”.
Sur le fond, il semble que les entrepreneurs et les salariés soient favorables au développement du télétravail, et ils auraient tout intérêt à son élargissement. Clément Roucher, du cabinet de conseil Greenworking fait remarquer que “les études que nous avons menées auprès de nos clients, prouvent que dans le cas d’un travail à domicile 2 à 3 jours par semaine, la productivité du salarié peut augmenter de 22 %”. De plus, le taux de satisfaction des télétravailleurs est très élevé, car les horaires sont plus souples, ce qui améliore leur rythme de vie.
Si tout le monde est d’accord, il ne reste plus qu’à s’entendre en prenant l’État comme arbitre. Comment cela, ce n’est pas si simple ?

Crédit photo : Bob August

 

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