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Japon : les difficultés du bio au pays du Soleil Levant

le 9 juin 2018 à 4:50 

Le bio a le vent en poupe, et il s’installe dans tous nos commerces. Ce n’est pas aussi simple dans tous les pays, et la clientèle japonaise semble plus réticente à certaines pratiques de la “culture bio”. Elle a du mal par exemple, à acheter des fruits et légumes, qui ne sont pas soigneusement emballés et calibrés.

La culture bio ne représente actuellement que 0,5 % de la superficie agricole totale, selon des statistiques communiquées par le ministère. Les autorités nippones, restent encore assez indifférentes à l’appel de la tendance bio. Le modèle agricole japonais, organisé autour de coopératives contrôlant tout, ne favorise pas les producteurs bio, qui privilégient les circuits courts.

Il n’existe, même chez les plus jeunes et les nouveaux producteurs, que peu d’agriculteurs, cultivant leurs produits comme les salades, tomates, carottes et autres légumes dans l’idée d’avoir un label bio.

Du coup, les temps sont durs pour l’enseigne française “Bio c’ Bon” par exemple. Elle rame pour trouver des fournisseurs capables de répondre à un certain niveau de qualité et de quantité, depuis qu’elle s’est installée dans l’archipel fin 2016, en partenariat avec le groupe de distribution japonais Aeon. Elle est obligée de faire avec environ 200 exploitations différentes, réparties sur l’ensemble du territoire. Pour certains produits, il faut même recourir à l’importation.

A l’autre bout, il faut aussi convaincre les clients et changer des habitudes. Pascal Gerbert-Gaillard, directeur Asie de Bio c’ Bon, explique “au Japon, les clients ont tendance à aller très vite et à prendre des produits pré-emballés et pré-pesés, donc nous avons travaillé pour trouver, un juste équilibre entre notre modèle de marque et les habitudes de consommation japonaises“. En effet, depuis longtemps maintenant, les fruits et légumes sont soigneusement astiqués, calibrés pour rassurer une clientèle pressée. Les Japonais n’ont pas toujours le temps de faire tranquillement leurs courses. Ils achètent donc rapidement les produits bien propres, qui attirent dès le premier coup d’œil.

Si l’on rajoute comme partout, des écarts de prix parfois important et dissuasifs avec les fruits et légumes conventionnels déjà très chers, on comprend mieux, pourquoi le marché bio nippon stagne quand l’augmentation dans l’Hexagone atteint un minimum deux chiffres. Le marché bio français représente, plus de 8 milliards d’euros l’an dernier pour deux fois moins d’habitants.

Crédit photo : remka

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