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La direction de Renault en grand danger

le 12 octobre 2019 à 6:06 

Les dommages collatéraux de l’affaire Carlos Gohsn, continuent à faire des remous chez Renault. En effet, Thierry Bolloré, considéré comme un représentant de l’ère Ghosn, en fait les frais. Il a été remercié, à l’occasion d’un conseil d’administration convoqué d’urgence au siège de Renault. Il semblerait, que l’heure n’est plus complètement à la continuité, mais bien au renouvellement. Si le numéro 2 de la marque est partie, la terre tremble aussi pour Jean-Dominique Senard à la présidence de Renault, car la suite semble brumeuse.
En attendant, Jean-Dominique Senard a décidé d’accélérer en convoquant un conseil d’administration. Selon toute vraisemblance, on devrait voir se mettre en place une direction tricéphale. D’après le site internet Les Echos, Clothilde Delbos (directrice financière), Gaspard Gascon Abellan (directeur adjoint de l’ingénierie de l’Alliance) et José-Vicente de los Mozos (directeur de la production et de la logistique) prendraient les rênes opérationnelles du constructeur automobile français. Ce type de solution, a d’ailleurs été celui pris par Nissan. En coulisses, si le ministre de l’Économie a indiqué qu’il n’appartenait pas à l’État “de s’immiscer dans les choix de la gouvernance de Renault”, on sait par contre, que l’État est favorable à un petit coup de balai. Or, l’Etat, c’est encore 15 % du capital.Du changement au sommet de la hiérarchie

Dans un premier temps, l’éviction de Thierry Bolloré a pour avantage de clore un peu plus le chapitre Carlos Ghosn, en mettant un terme à la purge menée depuis novembre 2018. Le même épisode, a été rondement mené sans états d’âme chez Nissan sous la houlette d’Hiroto Saikawa, et s’est achevé cette semaine par la nomination d’une nouvelle direction tricéphale.

La mission de Thierry Bolloré touche donc à sa fin. Arrivé, comme Jean-Dominique Senard de Michelin en 2012, Thierry Bolloré a pris en charge la direction de la productivité avant de devenir le dauphin de Ghosn. Il a assuré la continuité opérationnelle de Renault, malgré “l’empêchement” de Carlos Ghosn. Ainsi, le constructeur automobile a pu dérouler sans encombre son plan stratégique, dont la sortie de deux nouveaux modèles majeurs que sont les Clio et Captur.

Cependant, la direction du groupe Renault, comme d’autres n’est pas un long fleuve tranquille et ses relations avec Jean-Dominique Senard, se sont détériorées. En outre, Thierry Bolloré s’est également attiré une résistance en interne où il est accusé d’avoir évincé les cadres qui s’opposaient à lui, nous raconte une source anonyme. Ses opposants lui reprochent notamment le projet avorté de fusion avec Fiat Chryler Automobiles (FCA). L’échec final de ce projet, a bien sûr fragilisé la position de Thierry Bolloré, mais pas seulement, car il ne faut pas oublier que Jean-Dominique Senard, a failli démissionner en juin, lors du lâchage de l’État sur le projet de fusion avec FCA.

Pas de place pour l’hésitation dans un contexte difficile

Il reste, que dans le contexte extrêmement tendu de l’industrie automobile, des aléas trop importants dans l’équipe dirigeante et une perte d’une vision stratégique peut avoir des conséquences terribles. Ainsi, un an après la chute de Carlos Ghosn, le groupe Renault pourrait se retrouver devant le pire des scénarios, à savoir sans patron, sans alliés, et surtout sans projet. C’est tout un pan de l’industrie automobile française, qui risque de se retrouver en situation de très grave fragilité.

Crédit photo : siège renault algerie1

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