De plus, non seulement cela coûte cher, mais en plus, cela est compliqué. De nombreuses personnes, ont pu hélas s’apercevoir qu’un rejet de paiement peut générer des frais bancaires à plusieurs reprises. Des spécialistes en la matière mettent en avant qu’il arrive qu’après un premier refus de prélèvement automatique, si une nouvelle demande de règlement arrive quelques jours plus tard, sans possibilités de la régler, on vous réclame des frais bancaires. C’est une pratique particulièrement limite, car logiquement, les banques n’ont pas le droit de réclamer plusieurs fois des frais bancaires pour une même facture.

Loin d’être négligeable, en ces temps difficiles et incertains financièrement pour nombres d’entre nous, c’est entre un tiers et un quart des Français, qui paient des frais d’incident chaque année. Cela correspond à 210 euros en moyenne. Selon les associations de consommateurs, les banques récolteraient ainsi entre un et six milliards d’euros chaque année.

Ceci fait réfléchir sur la notion de “bons clients” pour une banque. Il n’est pas sûr qu’elle regarde d’un bon œil, la famille qui n’a pas de gros revenu, ni un compte bien rempli, mais qui n’a jamais de découvert. Comme souvent, les banques ont promis de faire un geste pour améliorer la situation. Elles vont se saigner “à blanc” pour ne pas réclamer plus de 25 euros par mois de frais d’incidents auprès de ce qu’elle appelle le “public fragile”. Ne cherchez pas cette notion quelque part, car ce statut est déterminé par les banques elles-mêmes.

Un geste très symbolique et médiatique, mais qui a le mérite d’être juste à côté de la plaque. En fait, ce “public fragile”, même s’il correspond à 3,4 millions de personnes en France, il n’est pas le plus touché par le paiement de frais d’incidents bancaires. Celui-ci, est plus souvent le fait de personnes qui ont une difficulté passagère et imprévue. Si en plus, elles ont les moyens à plus long terme d’y faire face et de payer, même les frais liés aux incidents de paiement, ce serait dommage de s’en priver.

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